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Les Penan de Malaisie protestent contre un gazoduc, la déforestation et un barrage

( Source: survivalfrance.org, 25 mars 2013 )

Les Penan de Long Seridan manifestent contre la construction d'un gazoduc qui traverse leur territoire ancestral.
Les Penan de Long Seridan manifestent contre la construction d'un gazoduc qui traverse leur territoire ancestral. © Survival

Les Penan de la région de Long Seridan ont bloqué une route pour protester contre la construction d’un gazoduc qui traverse leur territoire ancestral et détruit leur source d’eau potable.

La construction du gazoduc de 500 km de long entreprise par la compagnie pétrolière malaisienne Petronas touche à sa fin. Il transportera du gaz naturel depuis l’Etat malaisien de Sabah jusqu’au sud de la côte du Sarawak.

La gazoduc traverse la forêt de plusieurs communautés penan. La pratique de la chasse et de la cueillette sera plus difficile pour la tribu qui est déjà confrontée à la déforestation massive de son territoire depuis des années.

La construction du gazoduc a affecté de nombreuses communautés. Un Penan déplore : ‘Construire ce gazoduc à travers notre territoire est une façon de nous tuer. Comment survivrons-nous avec ce gazoduc qui coupe notre territoire de part en part et qui nous empêchera de nous déplacer librement ?’

Le gazoduc de 500 km de long, construit par la compagnie pétrolière malaisienne Petronas, traverse de part en part la forêt des Penan.
Le gazoduc de 500 km de long, construit par la compagnie pétrolière malaisienne Petronas, traverse de part en part la forêt des Penan. © Survival

Les Penan de Long Seridan ont commencé le blocage de la route contre le gazoduc il y a trois semaines et ont promis de continuer jusqu’à ce que leurs revendications soient entendues.

Simultanément, à plus de 60 km de là, les Penan de Long Daloh protestent contre la déforestation de leur territoire et le projet du barrage de Baram qui menace d’inonder leurs habitations et la forêt dont ils dépendent pour leur survie.

Lorsqu’il sera opérationnel, le barrage de Baram déplacera environ 20 000 riverains indigènes. Les Penan ainsi que d’autres communautés voisines ont appelé à son annulation.

L'Est Kalimantan dit HALTE aux permis délivrés pour les plantations de palmiers à huile

( Source: theborneopost.com, 16/02/2013, traduit par Rémi Texereau pour stophuiledepalme.doomby.com)

Le gouvernement de l'Est Kalimantan veut se rediriger vers une agriculture vivrière et un tant soit peu freiner l'agriculture d'exportation ainsi que les investissements étrangers dans le pétrole et les minerais.

SAMARINDA, Kalimantan oriental: Préoccupé par la dégradation rapide de l'environnement dans l'Est Kalimantan en raison du nombre élevé de concessions de plantations émise, l'administration provinciale prévoit de publier un moratoire sur les nouvelles plantations de palmiers à huile à partir de cette année. Un fonctionnaire a déclaré lundi à Jakarta Globe:

« Il y a déjà eu beaucoup de permis émis, nous allons donc suspendre temporairement l'émission de nouveaux permis pour les nouvelles plantations de palmiers à huile", a déclaré Yayan Sabianoor, qui dirige l'organisme délivrant les permis dans la région, l'East Kalimantan Permit and Investment Board.

Yayan a ajouté que le moratoire serait mis en œuvre cette année, mais n'a pas donné de date exacte.

Selon lui, les permis ont été délivrés dans le Kalimantan oriental pour 2,4 millions d'hectares de plantations de palmiers à huile, bien que seulement un million d'hectares ont été plantés d'ici la fin de l'année dernière.

Il a indiqué que son institution donnerait plutôt la priorité aux investissements dans les cultures vivrières, y compris la riziculture.Ce sont des programmes stratégiques ayant des effets démultipliants et qui aideraient donc à préserver l'auto-suffisance alimentaire de la nation.

« Les autorisations seront de nouveau délivrées uniquement après toutes celles ayant été émises à ce jour et effectivement utilisées », a déclaré Yayan.

Il a également ajouté que la délivrance des nouveaux permis dans le futur sera également basée sur la disponibilité des terres. « La priorité est donné aux cultures vivrières qui vont devenir l'avenir de l'Est Kalimantan », a déclaré Yayan.

Selon lui, le gouvernement provincial espère que l'investissement se dirigera vers le secteur agricole, en particulier dans la production agricole.

À la fin de l'année dernière, l'Est Kalimantan affichait de nouveaux investissements à hauteur de 28,4 trillions Rp (soient 2,94 milliards de dollars US), bien que le secteur du pétrole et du gaz aient représenté la plus grande partie.

Les investisseurs étrangers ont représenté 60% de l'investissement, tandis que le reste était interne. Selon Yayan, la province a comme objectif d'attirer 34 trillions de roupies d'investissements cette année (soient 3,5 milliards de dollars US).

« Nous espérons que d'autres investisseurs metteront leur argent dans le domaine de l'agriculture et n'investiront plus seulement dans le pétrole et les mines. Nous allons les pousser dans cette direction », a-t-il dit.

L'Est Kalimantan veut développer la nourriture, la riziculture dans la province et se faire un véritable pôle agro-alimentaire.

Une équipe chargée d'accompagner ce projet a déclaré que jusqu'à présent il y avait 24 investisseurs provenant des secteurs privés et publics qui avaient manifesté leur intérêt.

Les responsables ont cité les entreprises d'Etat Sang Hyang Seri, qui veut planter du riz dans 32.000 hectares de terres dans les districts de Berau et Bulungan; Pertani, avec 30.000 hectares dans le district Paser Penajam et Holdings Pusri, avec 30.000 hectares dans Kutai Barat et Tana Tidung district.

Les investisseurs du secteur privé, notamment le Groupe de Solaria, avec 5.000 hectares dans le district de Bulungan; Miwon, avec 5.000 autres hectares dans Bulungan et Berau Jagung Raya, avec 10.000 hectares dans le district de Berau.

Les autorités provinciales ont affecté 344.461 hectares de terres dans 10 districts pour les cultures vivrières, à Kutai Ouest offrant 71.000 hectares.

« Le besoin de nourriture augmentera directement en lien avec la démographie galopante », a déclaré Yayan.

Cameroun : Herakles Farms détruit la forêt et les habitants

( Source: forets.greenpeace.fr, 22/11/2012 )

Herakles persiste et signe : l’entreprise américaine avance dans les travaux d’installation de sa future palmeraie.

Ces images aériennes prises par Greenpeace début novembre mettent en évidence le déboisement de la zone de concession, jusque-là constituée de forêts denses, mis en œuvre par la SG Sustainable Oils Cameroon (SGSOC) filiale locale de l’entreprise Herakles farms dont le siège social est à New York. On peut observer les opérations de déforestation, ainsi que la pépinière, cette zone où sont déposées les pousses de palmiers.

Ces activités de déforestation ont lieu alors que le bail foncier de 99 ans dont dispose la SGSOC n’a pas encore été approuvé par décret présidentiel !! Elle sont donc contestable au regard du droit camerounais. Le projet, s’il est poursuivi, s’étendra sur 73 000 hectares de forêts, berceau d’une biodiversité exceptionnelle et surtout lieu de vie de milliers d’habitants, d’agriculteurs.

Un climat social qui se tend

Bien que l’entreprise affirme que la plantation favorisera le développement économique et social de la région, l’opposition locale et internationale ne cesse de s’intensifier et la déforestation en cours risque d’aggraver les conflits sociaux qui se sont cristallisés autour du projet.

Des agriculteurs locaux et des villageois s’opposent au projet qui doit se développer sur leurs terres.. Et en parallèle, le mécontentement grandit chez les employés de la SGSOC concernant leurs salaires et leurs conditions de travail.

Et des pressions policières inquiétantes

La semaine dernière, des personnes qui se sont opposées au projet ont été harcelées par la police camerounaise.
Les médias ont relayé, le 14 novembre dernier, l’arrestation de Nasako Besingi, directeur de Struggle to Economize Future Environment (SEFE), une ONG locale qui milite de façon pacifique contre le projet d’Herakles Farms.
Lui, ainsi que cinq de ses collègues ont été arrêtés et placés en détention, sans qu’aucune charge ne soit retenue contre eux. Les conditions de détentions qui nous ont été décrites sont choquantes : une cellule de 1,5 m² pour 12 personnes. Sans lumière pendant 24h. Sans toilettes.Pendant 48 longues heures…

Ils ont tous été remis en liberté après que de nombreuses voix se soient élevées au niveau local et international.

Greenpeace demande au gouvernement camerounais de mettre fin à la déforestation et au projet de Herakles Farms, ainsi que d’instaurer des normes pour l’allocation de terre et ledéveloppement de l’huile de palme au Cameroun de façon à prévenir les conflits sociaux, l’anéantissement des moyens de subsistance des Camerounais et la destruction de leurs forêts.

Une appli pour traquer l’huile de palme dans vos produits

( Source: TerraEco, 16/11/2012 )

L'huile de palme sera - peut-être - bientôt surtaxée. Mais comment la repérer ? Un site internet doublé d'une appli vous aidera à la bannir de votre assiette.

La pâte à tartiner de votre enfance pourrait bien alourdir votre porte-monnaie. Elle et des centaines de produits imprégnés d’huile de palme. Ce mercredi, le Sénat a voté le désormais fameux « amendement Nutella » qui multiplie par quatre les taxes sur cet ingrédient… avant de rejeter quelques heures plus tard l’ensemble du projet de budget de la Sécurité sociale qui contenait cette mesure. C’est aux députés que reviendra le dernier mot. Mais si vous avez décidé mordicus de bannir l’huile de palme de votre chariot, parce que, pleine d’acides gras saturés, vous la jugez nocive pour la santé ou parce que vous l’accusez de participer à la déforestation en Indonésie, vous vous êtes peut-être aperçu que la mission était plutôt ardue. Adrien Gontier, Alsacien et thésard, en a fait les frais. Bien décidé à ne pas ingurgiter d’huile de palme pendant un an, il a appris à la repérer (la mention « huile de palme » n’est pas encore obligatoire, on la retrouve sous les doux noms de « palm kernel » de « zinc palmitate », d’ « alcool de palmitate », de « palm stéarine », « glycol palmitate », etc). Il a même publié un « petit guide bleu des solutions », à télécharger ici.

Mais si vous ne voulez pas rester le nez collé aux étiquettes, une solution existe. Mesgoûts.fr vous propose de repérer les produits à éviter. Cette petite start-up née en septembre a conçu une base de données riche de 11 500 produits qu’elle a décliné en deux applications, l’une pour Iphone, l’autre pour Android. Il vous suffit d’entrer, dans votre profil, le nom de l’ingrédient – l’huile de palme, l’arachide par exemple – que vous voulez éviter, de scanner le code barres du produit saisi dans les étals ou d’entrer son nom sur le site et Mesgoûts vous donne ou non le feu vert [1]. Et pas seulement. Elle vous indique, par une note sur 10, la qualité (conservateur, colorants…) et les caractéristiques nutritionnelles du produit, son prix plus ou moins bon marché, son origine géographique plus ou moins française, ses vertus environnementales, éthiques ou sociales…

Pilule bleue ou rouge, à vous de choisir…

Mais Mesgoûts est avant tout un espace de liberté. Dans ses critères, chacun est libre de mettre le curseur où il veut. De s’éloigner des recommandations du Programme national de nutrition santé paramétrées par défaut et de choisir du tout gras, tout sucré. De prendre le large vis-à-vis des alertes sur le climat et d’opter pour du Made in Australia« On veut éviter la prise de parti, la dichotomie "méchants contre gentils". Les gens ont des envies différentes. C’est une approche à la Matrix. Vous avez une pilule rouge ou une pilule bleue. Vous avez accès à la vérité, à vous de choisir si vous l’utilisez ou pas », s’amuse Olivier Huret, l’un des cofondateurs.

Comment ont-ils procédé ? « Les 11 500 produits sont passés physiquement dans nos mains. Et nous avons travaillé aussi avec nos proches et des réseaux. » Pour évaluer la performance environnementale, ils ont par exemple mesuré l’importance du packaging en pesant les produits un à un avec un, ont regardé la recyclabilité de l’emballage ou calculé les kilomètres parcourus par une bouteille d’eau ou un paquet de biscuits. Les industriels peu transparents ont décroché le bonnet d’âne : quand le pays de fabrication n’est pas mentionné, Mesgoûts.fr décrète par défaut que le produit a vu le jour en Nouvelle-Zélande. « Certaines personnes nous disent qu’il faudrait aller plus loin mais on va avancer au fur et à mesure. On n’indique pas pour l’instant les émissions de CO2, parce que la viande aura forcément un impact plus important. Un producteur de viande sera tout de suite disqualifié par rapport à un producteur de légumes et tous ses efforts seront comptabilisés de façon marginale », explique Olivier Huret. Avant d’ajouter : « Le sens de l’histoire, c’est quand même d’aller vers ça ». Pour guider le consommateur responsable dans la jungle des étiquettes.

[1] Comme la mention « huile de palme » n’est pas obligatoire, Mesgoûts.fr qualifie, par défaut, toute « matière grasse végétale » d’huile de palme.

L'amendement Nutella

Le Sénat adopte l'amendement "Nutella"

Le Monde.fr avec AFP | 

La Chambre haute du Parlement a adopté mercredi 14 novembre l'amendement "Nutella" qui augmente la taxation sur l'huile de palme, dans le cadre de l'examen du projet de budget de la Sécu pour 2013.

Cet amendement, voté par 212 voix contre 133, institue une contribution additionnelle de 300 euros la tonne à la taxe spéciale prévue sur les huiles de palme, de palmiste et de coprah destinées à l'alimentation humaine, en état ou après incorporation dans tous les produits, dont le Nutella.

Il a été vivement critiqué tant par le fabricant de la pate à tartiner, Ferrero, que par les principaux producteurs d'huile de palme que sont la Malaisie et la Côte d'Ivoire.

L'amendement devra toutefois être confirmé lors du vote général de la partie recettes du texte, qui doit intervenir mercredi soir ou jeudi matin. Si la partie recettes est rejetée, ce qui est probable, tous les amendements votés seront de facto annulés.

Mais l'amendement pourrait alors être représenté lors de la suite du parcours parlementaire du projet de budget de la Sécu. L'Assemblée nationale a déjà adopté en première lecture ce PLFSS mais sans cette taxe.

Dominique Bertinotti, ministre de la famille, s'en est remise au nom du gouvernement à la "sagesse" du Sénat mais n'a pas fait preuve d'enthousiasme, se disant réservée devant une "multiplication de taxes sur des assiettes très restreintes".

Sénat : un "amendement Nutella" sur l'huile de palme adopté en commission

Le Monde.fr avec AFP | 

La commission des affaires sociales du Sénat a adopté mercredi 7 novembre un"amendement Nutella" au projet de budget de la Sécu, visant à augmenter de 300 % la taxe sur l'huile de palme qui entre notamment dans la composition de ce produit alimentaire culte. Cette taxe doit constituer un signal, "non à destination des consommateurs, mais à destination des industries agroalimentaires pour qu'elles substituent à ces huiles de nouvelles compositions plus respectueuses de la santé humaine", a souligné l'auteur de l'amendement, le rapporteur de la commission Yves Daudigny (PS).

L'huile de palme, qui ne constitue pas à proprement parler une huile, mais des graisses, est accusée d'avoir des effets nocifs sur la santé et sur l'environnement, en entraînant notamment une déforestation. Cet amendement au projet de loi de financement 2013 de la Sécu (PFLSS) institue une contribution additionnelle de 300 euros la tonne à la taxe spéciale prévue sur les huiles de palme, de palmiste et de coprah destinées à l'alimentation humaine, en état ou après incorporation dans tous les produits.

126 000 TONNES D'HUILE DE PALME CONSOMMÉES PAR AN EN FRANCE

La taxe actuelle sur ces produits est de 98,74 euros la tonne d'huile de palme et de 107,8 euros la tonne d'huile de coprah et de palmiste. La France consomme 126 000 tonnes d'huile de palme à usage alimentaire par an, soit 2 kg par habitant et par an. Le rendement de la taxe additionnelle serait donc de l'ordre de 40 millions d'euros, estime M. Daudigny, dans l'exposé des motifs de l'amendement.

En raison de leur richesse en acides gras saturés, les huiles de coprah, de palme et de palmiste sont utilisées pour la fabrication de la margarine ou comme corps gras de friture, souligne M. Daudigny. "Elles sont utilisées de manière excessive par la restauration collective et dans l'industrie agroalimentaire", poursuit-il, ajoutant qu'elles "sont notamment incorporées dans les produits de biscuiterie et dans l'alimentation salée ou sucrée à destination des enfants".

Or selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), les acides gras saturés sont consommés en excès par la population française, contribuent au développement de l'obésité et favorisent les maladies cardio-vasculaires. Le PLFSS sera examiné en séance par le Sénat à partir du 12 novembre.

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Un producteur d'huile de palme au Cameroun ne tentera plus d'obtenir l'écocertification de sa plantation controversée

( Source: mongabay.com, traduit par Jennifer Blundell, 24 octobre 2012 )


L'abattage pour la production de l'huile de palme au Cameroun. Greenpeace 

Herakles Farm, une entreprise de développement agricole basée aux Etats-Unis, ne cherchera plus l'écocertification de sa plantation de palmiers à huile de 70 000 ha au Cameroun, selon la RSPO. Cette manœuvre survient dans une période où l'entreprise a été fortement critiquée par des groupes environnementaux pour transformer des zones de forêt tropicale à HVE (Haute Valeur Environnementale). 

Néanmoins le WWF affirme que la décision d'Herakles de ne pas poursuivre la certification RSPO traduit le fait que le projet "serait probablement au-dessous" des critères sociaux et environnementaux de base pour la production d'huile de palme. 

"C'est un jour très triste pour le Cameroun," confie Basile Yapo, le Directeur National du WWF Cameroun. 

La controverse autour du projet pourrait raréfier les investisseurs qui souhaiterait investir dans le projet de l'entreprise américaine. Nigel Sizer, directeur du Global Forests Initiative du World Resources Institute (WRI, Institut des ressources mondiales), a affirmé à mongabay.com, dans une interview de 2011, que "beaucoup d'investisseurs potentiels se tiendront à l'écart de tout projet impliquant des risques pour leur réputation à cause des pertes forestières et des négociations compliquées avec des communautés locales qui revendiquent des droits sur la zone." 

"Ce projet pourrait ne pas être en accord avec les Principes de l'Équateur, auxquels la plupart des principaux bailleurs de fonds des projets des marchés émergents se sont inscrits." 


Pépinière de palmiers à huile au Cameroun. Greenpeace 

La pression a monté sur Herakles au cours des derniers mois avec l'ajout des géants environnementaux, Greenpeace et WWF, à l'opposition locale. En octobre, Greenpeace, en coopération avec Oakland Institute, publia un rapport critiquant Herakles Farms. 

"Il faut tout de suite arrêter le projet planifié par Herakles Farms," déclare Frédéric Amiel, un militant des forêts pour Greenpeace. "En plus des problèmes juridiques, c'est le mauvais projet au mauvais endroit. Pour Greenpeace, l'huile de palme issue de la déforestation ne doit jamais atteindre les étales des marchés." 

Frédéric Mousseau du Oakland Institute: "Encore une fois, l'investisseur est en train de duper le public pour qu'ils croient qu'il est nécessaire d'abattre les forêts et éradiquer les petites fermes pour réduire la faim et la misère. Il faut mobiliser l'attention internationale afin de soutenir l'opposition locale et éviter l'accaparement du territoire à l'avenir".

Actuellement, le Cameroun n'est pas classé parmis les 15 plus grands producteurs mondiaux d'huile de palme. D'après l'ONU, le Cameroun produisait plus de 100 000 tonnes d'huile de palme en 2010. 

Map of the Herakles/SGSO plantation in Cameroon.
Plan de la plantation Herakles/SGSO au Cameroun. SAVE Wildlife Conservation Fund.

Blanchiment de dollars provenant du bois tropical

(Source: www.bmf.ch, 22 juin 2012)

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Fin mai, le Bruno Manser Fonds déposait une plainte pénale contre la grande banque suisse UBS. Celle-ci est accusée de blanchiment d’argent provenant de pots-de-vin versés dans le cadre du défrichage des forêts pluviales dans l’État malais de Sabah. 

De nouvelle preuves viennent encore accabler UBS. Selon un rapport publié dans la « Handelszeitung », en avril 2006, la filiale UBS à Singapour aurait accepté de Michael Chia, un proche du chef du gouvernement de Sabah, onze chèques au porteur pour un montant total de 15 millions de dollars US. 

Les documents en possession du Bruno Manser Fonds démontrent que les chèques au porteur établis par la banque HSBC ont été crédités sur deux comptes UBS à Hong Kong. De là, les millions ont été transférés sur des comptes du chef du gouvernement de Sabah Musa Aman. Frère du ministre malais des affaires étrangères Anifah Aman, Musa Aman est client UBS depuis 1999 et possédait des comptes à Zurich et à Hong Kong. 
Paolo Bernasconi, expert en blanchiment d’argent: 

« Une histoire à peine croyable »
 

Paolo Bernasconi, professeur de droit et ancien procureur du Tessin, s’est exprimé en ces termes dans «Handelszeitung»: « Pour autant que cela soit véridique, c’est une histoire à peine croyable. Les standards internes d’UBS devraient être les mêmes dans le monde entier. En 2006, une telle affaire n’aurait jamais dû être possible. » 

Dans l’intervalle, le cas a été transmis du Ministère public zurichois au Ministère public fédéral. Une porte-parole de ce dernier a confirmé que le cas était actuellement « examiné quant à des indices concrets suffisants » avant « de procéder à des investigations éventuelles ». 

Le Bruno Manser Fonds exhorte le ministère public fédéral de mettre en œuvre rapidement ses investigations dans le cas UBS / Musa Aman. 

Réponse du Secrétariat d'État chargé de la santé

( Source: senat.fr )

Question écrite n° 21853 de M. Philippe Dallier (Seine-Saint-Denis - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 19/01/2012 - page 156

Quelle est la réglementation française et européenne en matière d'utilisation d'huile de palme, et quelles sont les obligations s'imposant aux producteurs et relatives à l'information des consommateurs ? 


Réponse du Secrétariat d'État chargé de la santé

publiée dans le JO Sénat du 03/05/2012 - page 1080

L'huile de palme est aujourd'hui la plus consommée dans le monde (25 %), dépassant de peu l'huile de soja (24 %) et de loin celles du colza (12 %) et du tournesol (7 %). Très utilisée par les industriels, on la retrouve donc dans un grand nombre de produits alimentaires. C'est une huile peu coûteuse présentant une bonne stabilité à haute température, qui conserve très bien les aliments et qui leur confère une texture croustillante, sans altérer le goût. Sa richesse en acides gras saturés (composée à 44 % d'acide palmitique) la rend semi-solide à température ambiante et son point de fusion se situe entre 35°C et 42°C. Toutefois, sur le plan nutritionnel, lorsqu'elle est consommée à dose élevée, cette huile peut avoir des conséquences néfastes sur la santé. En effet, un excès d'acides gras saturés (AGS) dans la consommation engendre une augmentation de la cholestérolémie et du taux de mauvais cholestérol (LDL) constituant un facteur de risque pour le développement des maladies cardiovasculaires. Améliorer l'état de santé de l'ensemble de la population, en agissant sur l'un de ses déterminants majeurs, la nutrition, est une des priorités du gouvernement français. Le lancement du Plan obésité 2010-2013 et du Programme national nutrition santé (PNNS) 2011-2015 permet d'alerter les consommateurs sur la nécessité de limiter leur consommation de graisses, et notamment d'AGS. Ainsi, un des objectifs du PNNS 2011-2015 est de ramener, en cinq ans, la part moyenne des AGS, au sein des apports en lipides totaux à moins de 36 % chez les adultes et à moins de 37 % chez les enfants. Aujourd'hui, selon l'étude individuelle nationale des consommations alimentaires n° 2 (INCA 2), les lipides représentent 39,1 % des apports énergétiques totaux (AET), et parmi ces lipides consommés, les AGS sont prédominants et représentent 44 %. Dans son rapport sur l'actualisation des apports nutritionnels conseillés en acides gras publié le 27 mai 2011, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) indique que l'acide palmitique, appartenant au sous-groupe « acides laurique, mystirique et palmitique » des AGS, est considéré comme athérogène. Pour ce sous-groupe, l'agence a donc fixé un apport maximal de 8 % de l'AET. Concernant les AGS totaux, l'Agence considère prudent de maintenir un apport inférieur à 12 % de l'AET. Quant aux acides gras trans (AGT), d'après les études disponibles, en France, ils représentent en moyenne 3 % des apports lipidiques (1,3 % de l'AET). L'ANSES rappelle que le niveau d'apport maximal des AGT est limité à 2 % de l'AET, seuil au-delà duquel la population s'expose à un risque cardiovasculaire accru. Il n'existe pas, en France, actuellement, de groupe de population qui présente un risque de ce point de vue. L'étiquetage nutritionnel est une méthode importante pour informer les consommateurs de la composition des denrées alimentaires et les aider à choisir en toute connaissance de cause. Toutefois, la directive n° 90/496/CEE relative à l'étiquetage nutritionnel des denrées alimentaires n'oblige pas le fabricant à détailler le nom spécifique des graisses ou huiles végétales qu'il utilise. En effet, les informations à donner sont soit la valeur énergétique et la quantité de protéines, de glucides et de lipides ou soit la valeur énergétique, la quantité de protéines, de glucides, de sucres, de lipides, d'acides gras saturés, de fibres alimentaires et de sodium. Cet étiquetage nutritionnel est facultatif, mais devient obligatoire lorsqu'une allégation figure sur l'étiquette. Dans la liste des ingrédients, la mention « huile ou graisse végétale » suffit. Le projet de règlement concernant l'information des consommateurs sur les denrées alimentaires, initié en janvier 2008 et qui est appelé à entrer en application rapidement après son adoption formelle en Conseil en octobre 2011, qui abroge les directives n° 90/496/CEE et 2000/13/CE, ne prévoit pas d'évolution en matière d'étiquetage des huiles et graisses d'origine végétale, notamment concernant les informations relatives à la nature de l'huile utilisée. Néanmoins, pour les huiles raffinées d'origine végétale, le qualificatif « partiellement hydrogénée » ou « totalement hydrogénée », selon le cas, doit accompagner la mention d'une huile hydrogénée. De plus, grâce à ce règlement, l'emballage de toutes denrées alimentaires devra comporter obligatoirement des informations nutritionnelles dont la quantité d'acides gras saturés qui devra être précisée pour chaque denrée alimentaire, même si aucune allégation n'est mentionnée sur l'étiquette. Il est prévu que cette déclaration nutritionnelle soit applicable cinq ans après l'entrée en vigueur du règlement. Par ailleurs, le règlement (CE) n° 1924/2006 concernant les allégations nutritionnelles et de santé portant sur les denrées alimentaires peut, par exemple, autoriser, sous certaines conditions, un fabricant à inscrire sur ses produits alimentaires les allégations suivantes : « sans matières grasses », « faible teneur en graisses saturées », « sans graisses saturées », « source d'acides gras oméga 3 », « riche en acide gras oméga 3 », « riche en graisse mono insaturées ». Ces allégations sont utiles pour le consommateur souhaitant réduire sa consommation en AGS et en AGT. En dernier lieu, certains industriels et distributeurs ont d'ores et déjà entrepris volontairement d'améliorer la qualité nutritionnelle de leurs produits, notamment en améliorant la qualité des lipides. Dans le cadre du PNNS, en juillet 2011, vingt-sept entreprises ont signé des chartes d'engagements volontaires de progrès nutritionnel. Ainsi, Hénaff, Findus, Lesieur, Fleury Michon, Mc Cain, Thiriet, Unilever, l'association Bleu Blanc Cœur, ou encore le groupe Marie, s'engagent à substituer, totalement ou partiellement, l'huile de palme par une huile ou un mélange d'huiles plus faiblement saturées, à augmenter la teneur en acides gras insaturés ou à maintenir une teneur limitée en acides gras saturés. De plus, Scamark, Herta, Davigel, Thiriet ou Unilever, entre autres, s'engagent à supprimer totalement l'utilisation des matières grasses hydrogénées ou partiellement hydrogénées, à réduire la teneur ou maintenir un seuil maximal d'AGT. D'autres entreprises pourront à l'avenir prendre de tels engagements.


Trop gras : Ferrero va rembourser des pots de Nutella aux Etats-Unis

( Source: LeMonde.fr, 28/04/2012 )

Les principaux ingrédients du Nutella sont le sucre, l'huile de palme, le cacao, du lait écrémé.
Les principaux ingrédients du Nutella sont le sucre, l'huile de palme, le cacao, du lait écrémé. | AFP/JOHANNA LEGUERRE

Ferrero USA, filiale du géant italien Ferrero fabricant de la pâte à tartiner Nutella versera jusqu'à quatre dollars par pot de Nutella acheté aux Etats-Unis pour régler une action en nom collectif intentée par une mère californienne affirmant qu'elle ignorait que le Nutella était... si gras.

La filiale américaine remboursera jusqu'à quatre dollars pour tout pot de Nutella acheté en Californie entre août 2009 et le 23 janvier 2012, ou dans le reste des Etats-Unis entre janvier 2008 et le 3 février 2012. L'accord n'inclut pas le reste du monde.Le groupe règlera au total 3,05 millions de dollars, en versant moins de quatre dollars par pot si le nombre de plaignants devenait trop élevé. Cette somme ne devrait guère pénaliser l'entreprise qui a réalisé des bénéfices confortables l'an dernier.

Ferrero USA s'engage aussi à "modifier certaines déclarations marketing sur le Nutella" et à mieux détailler ses éléments nutritionnels, selon le texte publié sur le site nutellaclassactionsettlement.com. Les consommateurs doivent envoyer leur demande avant le 5 juillet (dans la limite de cinq pots), quatre jours avant que les tribunaux ne valident définitivement les règlements.

Athena Hohenberg, mère d'un enfant à San Diego, avait déposé plainte en février 2011 en arguant que Ferrero promouvait le Nutella comme "un exemple de petit-déjeuner équilibré et savoureux" et une pâte "plus saine qu'elle ne l'est en réalité". Elle raconte avoir été "choquée de découvrir que le Nutella était une nourriture "ni saine ni nourrissante", mais qu'il était à peine mieux que des bonbons, et qu'il contenait des niveaux dangereux de graisses saturées", selon sa plainte. Mme Hohenberg, gestionnaire de biens immobiliers, a refusé de s'exprimer sur l'affaire. Ferrero nie de son côté les accusations. "Nous pensons qu'il est dans l'intérêt de l'entreprise de résoudre ces questions, et nous avons conclu un accord avec les parties impliquées", a déclaré un porte-parole de Ferrero.

Les principaux ingrédients du Nutella sont le sucre, l'huile de palme, le cacao, du lait écrémé. Vendue dans plus de cent pays, la pâte à tartiner a été inventée en 1944 par Pietro Ferrero dans une pâtisserie d'Alba, dans le nord de l'Italie. Après sa mort en 1949, l'entreprise, qui fabrique également les bonbons Tic Tac, est restée dans le giron familial.

La plainte de Mme Hohenberg a suscité des commentaires moqueurs du L.A. Weekly, conseillant, en février 2011, aux "mères procédurières de Californie" de se comporter de manière responsable. "Essayez donc de faire vous-même les goûters de vos enfants", écrit le journal. "Un pot de Nutella, de temps en temps, ne fait pas de mal, si vous nourrissez vos enfants correctement. Et c'est tellement bon étalé sur une crêpe".

Une nouvelle analyse soutient l'affirmation APP déboiserait légalement une partie du sanctuaire du tigre en Indonésie

( Source: fr.mongabay.com, Rhett A. Butler, Traduit par Nolwenn Gaudin, 10 mars 2012 )


Peat draining and large-scale clearance of natural forest by APP wood supplier PT. Ruas Utama Jaya.
Drainage de tourbières et déboisement de forêt naturelle par PT Ruas Utama Jaya, fournisseur de bois d’ APP (Asia Pulp & Paper). © Eyes on the Forest / WWF-Indonésie. 

L'ONG Eyes on the Forest affirme que l'abattage a eu lieu dans le sanctuaire du tigre Senepis, mais le géant du papier déclare que le déboisement a été effectué dans une zone destinée à la "conversion" – et signée par le gouvernement indonésien – en 2008. APP affirme que le sanctuaire du tigre Senepis – dont plus de 85 pour cent appartiennent à une autre entreprise – est toujours intact. 

PT Ruas Utama Jaya, fournisseur d’Asia Pulp & Paper (APP), a en effet déboisé une zone de forêt qu'il s'était engagé à laisser de côté en tant que réserve pour la conservation du tigre à Sumatra, a rapporté une analyse légale de Greenomics [PDF], un groupe environnemental indonésien. L'analyse de Greenomics soutient les allégations, initialement présentées dans le rapport publié la semaine dernière par Eyes on the Forest, une coalition de groupes écologistes, et semble réfuter le communiqué de presse émis par l'APP qui décrivait les allégations de déforestation avec le terme « fiction ». 

« Si nous nous référons à cette carte, alors la déclaration d'EoF disant qu’« En juin 2011, RUJ avait déjà commencé la coupe claire d'une minuscule parcelle de forêt naturelle (moins de 5 000 ha) qu'APP avait laissé de côté pour son propre ‘sanctuaire du tigre Senepis’ » ne peut simplement pas être niée par APP. » relève l'analyse de la concession réalisée par Greenomics. « Au niveau des engagements, EoF ne peut que raisonnablement dire que RUJ, un fournisseur de bois d'APP, a déboisé son propre sanctuaire du tigre Senepis. » 

Cependant, APP maintient toujours que sa réserve de tigres est intacte. 

« La carte présentée par WWF/EoF est dépassée, » déclare APP à Mongabay.com par email. « Les plans pour Senepis ont été revus après la création de cette carte. » 

« La carte finale, approuvée par le gouvernement, a été publiée par APP ; elle montre clairement que les coordonnées fournies par WWF/EoF sont hors des limites du sanctuaire du tigre Senepis, et indique une plantation légale de bois à pâte exploitée par notre fournisseur. » 

RUJ concession before and after micro-delineation.
(GAUCHE) La carte de la précédente concession légale de RUJ, avant d'être changé à la suite d'une « micro délimitation » – un procédé requis pour les plantations de bois à pâte qui précise comment la concession sera gérée. (DROITE) La concession de RUJ après micro délimitation, indiquant une zone de la réserve de conservation de tigres octroyée pour une plantation d'acacia. EoF accuse ce changement comme étant le reflet de l'échec d'APP de respecter ses engagements de conservation. APP déclare que le gouvernement aurait signé cette réaffectation. Photo courtésie de Greenomics. 

Toutefois, Greenomics affirme que la carte d'APP est fallacieuse, reflétant seulement l'état actuel de la concession de RUJ plutôt que son engagement d'origine. Au moment de mettre sous presse, APP n'avait pas répondu à la demande de commenter le rapport de Greenomics. 

Rapport préjudiciable d'Eyes on the Forest 

Le rapport d'Eyes on the Forest critique APP pour son marketing d'un « engagement de conservation » alors que l'entreprise continue de récolter de la fibre au moyen de la déforestation et de la conversion des tourbières riches en carbone. Le rapport remarque qu'APP a manqué trois dates limites qu'elle s'était imposée pour cesser la conversion de forêts naturelles en faveur de plantations de bois à pâte. 

APP a perdu un nombre important de clients au cours des cinq dernières années dû à son piètre bilan en matière d'environnement. Le géant du papier a récemment élargi son exploitation à l'étranger, notamment en acquérant des fournisseurs de pâte à papier au Canada et en Amérique Latine et en achetant des marques de produits de papiers aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande et en Australie. Les défenseurs de l'environnement ont depuis commencé à ciblé ces entreprises et marques, en plus d'APP. 

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