Borneo

Massacres d’orangs-outans par des travailleurs de plantations de palmiers à huile

( 9 décembre 2011 )

De S M Mohd Idris, par courriel

Sahabat Alam Malaysia (SAM) est complètement bouleversé et scandalisé. En effet, des compagnies Malaisiennes d’huile de palme sont responsables de génocide contre les orangs-outans indonésiens en danger d’extinction. Aux quatre coins du Kalimantan, sur la fabuleuse île de Bornéo, les compagnies sont accusées de détruire à grand pas le peu qu’il reste de la forêt primaire et des orangs-outans qui y vivent.

Ce n’est pas seulement la destruction des derniers vestiges du refuge de ce magnifique primate, les compagnies ont payé des travailleurs dans les plantations afin d’exécuter froidement au moins 20 spécimens et des singes proboscis pour, selon eux, contrôler une épidémie de peste qui sévirait depuis 2008. La manière selon la quelle les primates ont été éradiqués fut horrible, après une chasse interminable par des chiens affamés, les hommes leur ont tiré dessus, ils les ont poignardé puis tailladé à mort avec des machettes.

Cela montre que ces compagnies ont déshonoré leur accord dans le but d’obtenir le label durable qui demande de regrouper différents critères comme « se retenir » de détruire la forêt vierge et adhérer à une politique juste d’acquisition des terrains.

Il n'y a absolument aucun respect pour le droit et la manière horrible et illégale selon laquelle les orangs-outans ont été tués est une question sérieuse puisque il est irresponsable pour ces compagnies de s'emparer des terres habitées par les orangs-outans.

Même les villageois ne sont pas épargnés par l'assaut de l'industrie élaeicole. Hormis l’habitat des primates, l'expansion des plantations détruit également les habitats d'espèces en voie de disparition comme les tigres et les éléphants.

L’expansion des plantations rétrécit les territoires de ces espèces, les contraint à quitter leur habitat et aborder des domaines voisins comprenant notamment des villages qui les considèrent comme une menace. Ces espèces sont alors chassées ou tuées.

La situation actuelle est une augmentation non négligeable de la chasse illégale et du commerce notamment de tigres et d’éléphants. L'assassinat d'orangs-outans par les travailleurs de la plantation, ou par les agriculteurs qui les voient comme des parasites, est une question très sérieuse.

Il y a, le plus souvent, une fragmentation des forêts créé par les compagnies qui empêche les déplacements de la faune d’un îlot boisé isolé à un autre. Cela augmente les chances de consanguinité et donc accentue l’éventuel déclin de la population, à cause du processus de déclin génétique. En effet, la sélection naturelle est contrainte et donc ce ne sont plus les individus les plus robustes qui sont sélectionnés. De plus, le croisement entre les différentes populations ne se faisant plus ou très peu, des maladies peuvent atteindre toute une génération.

Les propriétaires des plantations de palmiers à huile devraient être tenus responsables de leurs actes.

Les compagnies devraient plutôt être contraintes de protéger l’écosystème dans leurs zones de concession et aussi aider à l'arrestation de leurs travailleurs condamnés pour tuer les orangs-outans. Ils pourraient replanter des couloirs pour la faune afin de recréer les échanges entre îlots boisés isolés.

Afin d’éviter l’éradication des orangs-outans et des autres populations sauvages par les compagnies avides de profit, SAM demande instamment à l'organisme de Conservation de la ressource naturelle d'Indonésie (Balai Konservasi Sumber Daya Alam (BKSDA)) du Ministère des Forêts et de la Police à agir fermement par l'application de la Loi sur les propriétaires de plantation et les travailleurs qui avaient été condamnés pour avoir tué les orangs-outans.

De même, le Ministère malaisien des ressources naturelles et de l'environnement devrait prendre en considération les très graves infractions commises en Indonésie et appliquer la Loi sur la Conservation de la faune. Étant donné les ravages rapides des terres par les compagnies de palmiers à huile, la question qui se pose est la suivante : Reste-il encore un espace de vie pour nos singes ?

Le Président de SAM (Sahabat Alam Malaysia)

Un projet secret de barrages menace les Penans

Un document confidentiel publié par erreur sur internet a révélé un important projet de construction d’une série de barrages hydroélectriques dans l'Etat du Sarawak, en Malaisie, qui engloutirait les villages d'au moins mille Penan, Kelabit et Kenyah.

Le document, émanant de la direction de la compagnie Sarawak Energy Berhad qui contrôle la production et la distribution de l'électricité dans l'Etat, indique la localisation de 12 projets hydroélectriques qui devraient être construits d'ici à 2020.

Les barrages submergeraient plusieurs villages des peuples penan, kelabit et kenyah et provoqueraient le déplacement d'un millier de personnes. L’un d’entre eux engloutirait également une partie du parc national de Mulu, inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO.

Les barrages produiraient beaucoup plus d'énergie que le Sarawak ne peut en consommer.

Les Penan luttent depuis 20 ans contre l’abattage de leurs forêts par les compagnies d’exploitation forestière – dont le géant malaisien Samling – qui, avec l'appui du gouvernement malaisien, ont déjà détruit une grande partie de leur territoire.

Les Penan sont des chasseurs-cueilleurs nomades. Beaucoup d'entre eux sont désormais sédentarisés, mais dépendent encore étroitement des ressources de la forêt. Environ 300 mènent toujours une vie complètement nomade.

Le document de Sarawak Energy Berhad avait été posté sur un site internet chinois et a depuis été supprimé mais vous pouvez le télécharger ici (en anglais).

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Le boycott pur et simple [...] est une réponse trop simpliste

( Source: tracesdupanda.wwf.fr, juillet 2011 )

Mettons un point final à la conversion de forêts naturelles en plantation

Mettons un point final à la conversion de forêts naturelles en plantation

Les plantations de palmiers à huile couvrent déjà 13 millions d’hectares sur la planète, en grande partie sur l’île de Sumatra, en Indonésie. Or, l’expansion de ces plantations est la principale cause de déforestation dans l’archipel. Les si précieuses forêts tropicales de Sumatra abritent pourtant d’innombrables espèces dont la rafflésie, la plus grande fleur connue, mais aussi quelques 400 tigres, de rares rhinocéros, des éléphants et environ 6 000 orangs-outans. Ces populations sont aujourd’hui toutes fragilisées par la disparition de leur habitat. La destruction des forêts est également à l’origine de 70 % des gaz à effet de serre produits par l’Indonésie, 3ème pays émetteur au monde, et entraîne des déplacements de populations, facteurs de troubles sociaux.

Toutefois, le boycott pur et simple de l’huile de palme, qui entre dans la composition de tant de produits alimentaires, énergétiques ou cosmétiques, est une réponse trop simpliste. Il convient plutôt d’imposer des pratiques responsables aux opérateurs de la filière afin de protéger les forêts à haute valeur environnementale. Ainsi des millions d’hectares de terres dégradées sont disponibles et se prêteraient parfaitement à l’exploitation du palmier à huile. Et le développement économique de l’archipel indonésien ne serait en rien contrarié.

Le WWF a donc rejoint la « table ronde pour une huile de palme durable » (RSPO), une initiative réunissant producteurs, utilisateurs et représentants de la société civile, soucieux de mettre en place une filière respectueuse de l’environnement. Le label RSPO garantit notamment que l’huile de palme n’est pas issue de nouvelles zones déboisées. Toutefois, le WWF exerce une grande vigilance quant au respect des critères de certification et poursuit son action pour obtenir l’interdiction de la conversion des tourbières, ces sols acides qui, drainés et asséchés, émettent de grandes quantités de gaz à effet de serre.

Financeurs, producteurs, transformateurs, consommateurs, tous concernés !

Le WWF s’emploie aussi à promouvoir l’huile de palme certifiée RSPO qui représente déjà un pourcentage significatif des ventes mondiales. Le WWF analyse ainsi les politiques environnementales des importateurs-transformateurs européens, lesquels ont le pouvoir économique de faire évoluer les pratiques, l’Europe étant le troisième acheteur d’huile de palme, derrière la Chine et l’Inde. Il est d’ailleurs crucial que ces grands marchés adoptent à leur tour des normes durables. Le WWF étudie également les garanties environnementales que devraient exiger les investisseurs étrangers dont le rôle est loin d’être négligeable puisqu’ils financent environ un quart des projets de plantations.

Sur le terrain, le WWF-Indonésie lutte contre la déforestation illégale aux abords des Parcs Nationaux, promeut auprès des populations locales des activités alternatives à l’exploitation des ressources de la forêt, comme l’apiculture ou le tourisme durable, et développe des stratégies efficaces pour limiter les conflits hommes/éléphants.

Ainsi, en Malaisie comme à Sumatra, la dégradation des écosystèmes forestiers ralentit. Toutefois de nouveaux projets menacent déjà des massifs préservés à Bornéo et en Papouasie, en Indonésie, mais aussi en Afrique et en Amérique du Sud. Dès lors, chacun d’entre-nous doit agir pour la sauvegarde des forêts tropicales. D’abord en privilégiant une alimentation non transformée, biologique, locale et de saison. Ensuite en exigeant que l’huile de palme contenue dans les produits comme la margarine, le savon, le rouge à lèvres… provienne d’une filière durable et certifiée. Enfin, en soutenant le WWF. Vos dons nous sont essentiels pour mener nos combats en faveur de la préservation des forêts et des espèces.

Donnez votre avis ! (Argumenté)

Le coût des biocarburants

( Source: Dominique Hennequin, Emmanuelle Grundmann et Thierry Simonet -- ARTE GEIE / Nomades Productions -- France 2009 )
         ‪Indonésie: Le coût des biocarburants (Reportage ARTE)Les bois de qualité moindre rejoindront les usines de transformation de pâte à papier. En quelques heures, le paysage se transforme : la forêt vierge disparaît sous les coups de boutoirs des pelleteuses. Une atteinte irréversible à la biodiversité.
En 2008, l'Indonésie détient toujours le taux de déforestation le plus fort du monde : l'équivalent d'un terrain de football toutes les 15 secondes. Le feu se charge de nettoyer ce qui reste de forêt primaire. Allumés volontairement à la saison sèche, ces incendies géants brûlent forêts et tourbières pendant des semaines.
Le carbone dégagé par cette gigantesque combustion a fait de l'Indonésie le troisième pays émetteur de gaz à effets de serre de la planète, après la Chine et les Etats-Unis. Des palmiers à huile remplacent la perte de l'ancienne forêt qui occupait 80% de l'espace. Une monoculture rentable, à perte de vue. Depuis peu, l'huile de palme entre dans la composition du carburant. Une loi, votée par le Parlement européen, impose un taux de 5,75% de biocarburants d'ici 2010 et de 10% d'ici 2020. Conséquence directe de cette loi : l'importation massive d'huile de palme sur notre continent. Une huile beaucoup moins chère que l'huile de colza et produite avec un faible coût de main d'œuvre.
Malaisie et Indonésie, les deux principaux pays producteurs étendent leurs cultures de palmiers à huile sur tout leur territoire. Une ruée vers l'or vert aux conséquences dramatiques : la déforestation massive de la forêt vierge, un trésor inestimable pour la biodiversité.

Victoire d'une tribu de Bornéo contre un géant des palmiers à huile

( Source: Survival, 14 juillet 2011 )

Un petit groupe de chasseurs-cueilleurs de Bornéo a remporté une victoire majeure contre une compagnie géante de palmiers à huile qui convoitait leur forêt.

Survival avait révélé le mois dernier que la compagnie malaisienne Shin Yang abattait la forêt et plantait des palmiers à huile dans une région où une communauté de Penan devait être réinstallée, la construction d’un barrage – Murum – étant prévue sur leur terre ancestrale.

La compagnie a finalement annoncé qu’elle suspendait ses activités ‘en attendant d’obtenir des autorités la confirmation’ que ce territoire a bien été octroyé aux Penan.

Les Penan se sont fermement opposés à leur expulsion pour faire place au barrage, mais ils estiment qu’ils n’auront pas d’autre choix. La région qu’ils ont choisie pour se réinstaller est une partie de leur terre ancestrale, mais ni le gouvernement ni la compagnie Shin Yang ne les ont consultés avant d’abattre leur forêt.

Plantation de palmiers à huile dans une zone récemment déboisée, Sarawak.
Plantation de palmiers à huile dans une zone récemment déboisée, Sarawak.
© M Ross/ Survival

Les Penan ne pourraient survivre sans leur forêt. Ils y chassent le cochon sauvage et le singe et ils y collectent du sagou, des fruits sauvages et du rotin avec lequel ils fabriquent leur artisanat.

‘Nous ne sommes pas comme les gens qui ne dépendent que de l’argent. Nous ne pouvons vivre que si notre terre est intacte. Sans notre forêt nous ne pourrons survivre’ a confié un Penan à un représentant de Survival.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Il s’agit d’une grande victoire pour les Penan. Planter des palmiers à huile dans cette région aurait été catastrophique pour cette tribu qui aurait été réduite à un état de pauvreté extrême et certainement détruite en tant que peuple. Le gouvernement malaisien doit continuer à respecter les droits territoriaux des Penan pour empêcher tout projet futur de déforestation sans leur consentement libre et éclairé’.

Lire aussi: 

Malaysia's Indigenous Penan Threatened By Energy Development

Malaysian Oil Palm Giant Halts Work On Penan Ancestral Land

Si vous souhaitez une traduction des deux articles ci-dessus, n'hésitez pas à me contacter. >>

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Le WWF mis en cause par un documentaire accablant

( Source: Bastamag.netle 30 juin 2011 )

Dans un reportage diffusé le 22 juin sur la télévision publique allemande (ARD), le réalisateur Wilfried Huismann enquête sur les pratiques et les dessous du WWF. Sur la trace des 500 millions d’euros de dons annuels versés à la plus grande organisation mondiale de protection de l’environnement, le journaliste d’investigation se rend à Bornéo, en Indonésie, où le WWF prétend défendre l’orang-outan, une espèce menacée. Sur place, l’équipe découvre une réserve de 80 hectares où vivent deux orangs-outans, au cœur de 14.000 hectares de plantations de palmiers à huile auxquels l’ONG a décerné le label « production durable » (lire notre article sur l’agriculture en Indonésie).

Le documentaire revient également sur « le projet Tigre » mené par le WWF depuis 1974, en partenariat avec le gouvernement indien, pour la préservation du tigre du Bengale. Pour répondre aux exigences du WWF qui demandait une augmentation de 8% des zones protégées, le gouvernement indien a procédé, dès 2002, à l’expulsion de 100.000 autochtones. Un nombre qui pourrait atteindre un million de personnes dans les prochaines années, dénonce le documentaire.

Wilfried Huismann s’attache aussi à comprendre la participation du WWF à des « tables rondes » avec des entreprises de génie génétique comme le géant Monsanto, et avec la multinationale Wilmar, et la caution « éthique » décernée par le WWF à ces entreprises en assurant qu’elles produisent du soja et de l’huile de palme « durables ». Disponible uniquement en allemand pour le moment, le documentaire a d’ores et déjà généré de nombreuses polémiques outre-Rhin. En France, l’ONG présidée par la navigatrice Isabelle Autissier connaît une crise interne sans précédent.                         

Sophie Chapelle

Voir le film Der Pakt mit dem Panda :
- Partie 1
- Partie 2

À lire également :
- L’écolabel de WWF : développement vraiment durable ou simple greenwashing ?

Un groupe en faveur de la déforestation critique un géant de l'huile de palme relativement au pacte de durabilité

( Source: Rhett A. Butler, fr.mongabay.com, traduit par Noële Belluard-Blondel )

World Growth International, un groupe qui plaide en faveur des intérêts de l'exploitation forestière industrielle, a critiqué Golden Agri Resources (GAR), le plus gros producteur d'huile de palme d'Indonésie, pour avoir signé une politique forestière, laquelle non seulement vise à protéger les forêts à haute valeur de conservation et capables d'emmagasiner de manière importante le carbone mais requiert aussi un consentement libre, préalable et informé (CLPI) dans la collaboration avec des communautés potentiellement affectées par le développement de l'huile de palme.

Dans un bulletin d'information publié le 10 mars, World Growth International a affirmé que l'accord de GAR "pouvait gravement handicaper la croissance de la compagnie " en limitant les lieux d'établissement de nouvelles plantations et déclare que négocier avec de multiples partenaires «retardera et compliquera tout investissement de la compagnie." World Growth International conclue en laissant entendre que GAR peut revenir sur son engagement.


Composition d'une tourbière dans les basses terres de la Malaisie péninsulaire, à Bornéo et à Sumatra, d'après une étude publiée au début de cette année dans le journal
PNAS. Les largeurs de colonnes représentent les zones respectives de tourbières au sein des sous-régions (Malaisie péninsulaire; SW, Sarawak; SB, Sabah; WK, Kalimantan occidental; CK, Kalimantan central; SK, Kalimantan du Sud ; EK, Kalimantan oriental; AC, Aceh; NS, Sumatra du Nord ; RI, Riau; WS, Sumatra occidental; JB, Jambi; BK, Bengkulu; SS, Sumatra du Sud; LP, Lampung). World Growth International a vivement critiqué l'étude.

Mais Peter Heng, Directeur général de la Communication et de la Durabilité chez GAR, n'est pas d'accord avec l'évaluation de World Growth International.

"A ce stade, le coût additionnel de cette politique ne sera pas important," a-t-il dit à mongabay.com en réponse au courrier de World Growth International. "En nous basant sur un travail de terrain initial, nous pensons que la terre devant être définie comme capable d'emmagasiner de manière importante du carbone n'est pas significative car les concessions de GAR se trouvent sur des terres dégradées."

"Ce qui est important c'est l'impact positif que la Politique de Conservation des Forêts aura sur la protection des forêts, sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre et de la perte de biodiversité ainsi que sur l'amélioration des moyens de subsistance des gens."

Les critiques émises par GAR sont remarquables car Alan Oxley, qui dirige World Growth International tout autant que l'entreprise de marketing, basée en Australie, ITS Global, a été payé l'année dernière par le groupe Sinar Mas, lequel contrôle GAR, pour émettre des doutes sur les plaintes environnementales déposées par Greenpeace qui avait fait campagne contre la filiale de GAR, à savoir PT Sinar Mas Agro Resources & Technology (PT SMART). Heng a déclaré à mongabay.com que GAR n'emploie pas Oxley.

Le bulletin d'information de World Growth International formule aussi d'autres affirmations discutables. Il y est dit que "les plantations de palme ne sont généralement pas adaptées aux tourbières", alors qu'en fait plus d'un million d'hectares de plantations d'huile de palme a été implanté dans des tourbières en Indonésie et en Malaisie. En fait, les tourbières sont souvent la cible des compagnies car acheter ces terres ne coûtent pas cher, étant donné le peu de concurrence de la part des communautés locales. De plus, les productions d'huile de palme sur des sols tourbeux peuvent concurrencer les sols minéraux pourvu que les plantations soient soigneusement développées et les niveaux d'eaux bien gérés.

World Growth a aussi affirmé que "dans le monde des ONG, le CLPI se réfère en général seulement aux peuples autochtones et non aux communautés locales." Cependant, de récentes plaintes concernant le CLPI auprès de la Table Ronde sur l'huile de palme durable se sont rapportées à des communautés locales à Bornéo en Indonésie, non à des groupes autochtones. Une plainte résolue la semaine dernière avait été, par exemple, déposée par une communauté— non une tribu de la forêt— dans le Kalimantan occidental. Dans le cadre de l'accord, PT Agro Wiratama, une filiale du groupe Musim Mas, devra rendre à cette communauté 1000 hectares sur les 9000 dont elle a la concession.

expansion of the oil palm estate across indonesia and malaysia, 1990-2008
L'industrie de l'huile de palme est en pleine expansion. Les prix sont à des niveaux presque record en raison de la hausse de la demande relativement à l'alimentation et aux combustibles. L'huile de palme est largement utilisée dans la fabrication d'aliments, de cosmétiques et de savons. Elle est aussi de plus en plus utilisée comme biocarburant.

Mais l'émergence de l'huile de palme comme poids lourd économique en Indonésie et en Malaisie a un coût. D'après certaines estimations, plus de la moitié de l'expansion de l'huile de palme s'est opérée depuis 1990 aux dépens des forêts, incitant les écologistes, inquiets des émissions de gaz à effet de serre et de la perte d'habitat de la faune en danger – parmi lesquels les orangs-outans, les éléphants pygmées, les rhinocéros et les tigres de Sumatra- à émettre de violentes critiques. Le développement des plantations d'huile de palme a aussi exacerbé les conflits sociaux dans certaines régions.

Certains industriels à présent répondent à ces problèmes. Une Table Ronde sur l'huile de palme durable (TRHPD) s'est constituée pour établir des critères afin de réduire les impacts sociaux et environnementaux de la production d'huile de palme.

Mais les affirmations contestables de World Growth International ne sont en rien nouvelles. Le groupe, qui se définit comme une organisation humanitaire mais fait cependant pression de manière systématique sur les politiques afin qu'elles favorisent les intérêts de l'exploitation forestière industrielle plutôt que ceux des communautés, a faussement déclaré que les plantations d'huile de palme capturent plus de carbone que les forêts tropicales et que la cause majeure de la déforestation en Asie est l'agriculture de subsistance plutôt que les activités menées par les entreprises. Dans deux de ses rapports, World Growth International a faussement imputé des points de vues à Frances Seymour, directrice générale du CIFOR, un institut de recherche en politique forestière. World Growth International a déclaré que Seymour avait reproché aux fermiers de subsistance l'augmentation de la déforestation lors d'une allocution à l'un des évènements du FAO en 2009, mais un examen de la retranscription de sa conversation n'étaye pas cette interprétation. Dans un entretien avec mongabay.com, Seymour a catégoriquement démenti l'idée que les pauvres soient essentiellement à blâmer pour l'actuelle déforestation.

Les rapports de World Growth International ont aussi raté d'importantes questions environnementales, dont les émissions provenant de la transformation des tourbières en plantations et la perte d'habitat pour des espèces menacées parmi lesquelles les orangs-outans et les tigres de Sumatra.

Ses positions— et sa conduite— ont engendré de nombreuses critiques. En décembre 2010, Agus Purnomo, le conseiller spécial en changements climatiques du Président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono, a déclaré qu'Oxley dénaturait les objectifs du moratoire proposé par l'Indonésie sur les nouvelles concessions dans les zones de forêts primaires et les tourbières. En novembre dernier, le groupe dirigé par Wangari Maathai, la lauréate du Prix Nobel de la Paix 2004 pour sa campagne de plantation d'arbres en Afrique, a violemment critiqué Oxley de World Growth International pour avoir utilisé son nom et laissé sous-entendre qu'elle soutient la transformation à grande échelle des forêts tropicales en plantations industrielles. Et en octobre, un groupe d'éminents scientifiques a fustigé Oxley. Dans une lettre ouverte, les scientifiques assimilent World Growth International et ITS Global à des groupes porte-paroles pour les industries de l'huile de palme, du bois de construction et de la pâte à papier.

"Un nombre d'arguments clés de World Growth International, d'ITS Global et d'Alan Oxley, montrent d'importantes distorsions, représentations erronées ou mauvaises interprétations des faits," ont écrit les scientifiques sous l'égide de William F. Laurance, un chercheur à l'Université James Cook.

"Dans d'autres cas, les arguments qu'ils ont présentés équivalent à un «brouillage des pistes» conçu, nous le soutenons, pour défendre la crédibilité de sociétés qui selon nous les soutiennent financièrement, de manière directe ou indirecte. Ainsi donc, World Growth International et ITS Global devraient être traitées comme des groupes de lobbies ou des groupes partisans, non comme des groupes de réflexion indépendants, et leurs arguments devraient avoir un poids conséquent."

Toutefois, les plaintes n'ont pas arrêté World Growth International de continuer à envoyer par mail ses bulletins d'information et de publier des rapports critiquant les groupes environnementaux, et fait nouveau à présent, les compagnies d'huile de palme qui oeuvrent à la réduction de leurs impacts sur les forêts.

World Growth International n'a pas répondu à plusieurs demandes de commentaires de mongabay.com

"Green" primé au Millenium Film Festival 2011 : Objectif d'Argent

( Source: Greenforyou.be, 21 juin 2011 )

A l’occasion de la projection du documentaire « Green », son réalisateur Patrick Rouxel nous a accordé un entretien. Il vient de recevoir prix du meilleur message du développement, offert par l'UNDP. Ce film tourné en Indonésie retrace l’histoire d’une femelle orang-outang dont la vie a changé suite à la déforestation. Rythmé par les sons de la nature, « Green » décrit l’utilisation du bois et des terres conquises : de la pâte à papier aux plantations de palmeraies.

Pouvez-vous nous dire ce qui vous guide dans la création de vos documentaires?

Ce que j’essaie de faire dans mes films, c’est de transmettre une émotion. Toute direction artistique dans la création, dans le choix des images et dans les enchainements est motivée par cette ambition de vouloir mener le spectateur à ressentir une émotion clé. C’est comme ça que je prends mes décisions. Est-ce la méthode forte ou douce ? Je pense que le message est assez doux avec Green, alors que c’est plus intense avec mon dernier film : Alma.

Toute la difficulté semble résider dans le ton…

Avec un texte, cela reste des mots, c’est supportable. Mise à l’écran, la même histoire a un tout autre poids. A la vision de certaines images, il y a beaucoup plus de gens qui ont une réaction de refus car ils n’ont pas envie de voir ou de savoir. Je ne pense pas que Green ait ce problème.
Alma est plus rude. Parfois il y a des choses auxquelles nous sommes tellement sensibles qu’il est délicat de communiquer de façon douce. Le tout est de trouver les images justes afin de faire passer la réalité au spectateur.

Quelle autonomie avez-vous dans la construction d’un film ?

Etant indépendant, je ne m’impose aucune restriction au montage quant à la longueur du film. J’assemble et ensuite j’accepte la durée : Green fait 48 minutes, le dernier film 65 minutes. Ce qui compte c’est de trouver la durée adéquate. J’estime que mes films sont rythmés naturellement. L’histoire de Green s’est écrite sur le terrain, c’est le fruit du hasard.

Vos tournages se font en solitaire. Est-ce un choix d’indépendance ou un besoin de liberté ?

Avec chaque tournage, je fais des voyages hallucinants. J’ai l’opportunité de vivre des histoires auxquelles peu de gens ont accès. Faire des documentaires en solitaire vient d’une réalité : j’ai commencé de réaliser des films à l’âge de 35 ans. Je n’allais pas être stagiaire ou assistant (rires). Je ne voulais pas non plus mettre toute une équipe en danger. Aujourd’hui avec l’équipement qui existe, il est possible de se lancer dans un projet personnel avec peu de moyens.

Affiche du documentaire GreenPour revenir à « Green », pouvez-vous nous expliquer l’histoire de ces éléphants enchainés?

Les éléphants ont un cycle avec des passages réguliers à des endroits ou ils reviennent chaque année. Avec la déforestation, leur territoire disparait et ils n’ont plus d’habitat. A la place, il y a maintenant des cultures, des villages. Les éléphants vont dans les plantations nouvelles et font des saccages. Cela créé des conflits entre les animaux et les hommes.
Des spécialistes en capture d’éléphants sont appelés. Ils essaient de les chasser pour qu’ils retournent en forêt, ou ils les attrapent par famille. Ils sont mis dans des refuges, des sanctuaires qui sont en fait des mouroirs pour éléphants. Les zoos n’en veulent plus (ils sont pleins déjà), les paysans non plus. Ils sont passés à l’âge du tracteur, ou des buffles. Il y a juste du tourisme local avec des ballades à dos d’éléphants ou des animations.

Aujourd’hui il est difficile de dissocier le bon grain de l’ivraie. Comment effectuez-vous vos choix de consommation ?

C’est juste une question de maturité individuelle au regard de ces paradoxes. À chaque achat, je me pose la question: « comment est-ce que cela a été fait, qu’est-ce qui se cache derrière ? » Plus je lis, plus je vois de films, plus je réalise qu’un grand nombre de produits que nous consommons sont douteux.
Ma solution est certainement dans le fait de consommer le moins possible dans un premier temps. Si un achat est nécessaire, je m’assure que cela reste en accord avec ma sensibilité, avec mes idéaux. En tant qu’individu, végétarien depuis 25 ans, il est difficile de croire que je vais changer le destin de l’humanité ou des animaux de la terre. J’essaie quand même parce c’est important pour mon esprit. Le tout est d’être en accord avec ses valeurs personnelles, essayer de tendre vers...

Déforestation en Indonésie - extrait du film Green

Photo © Patrick Rouxel

Le générique de fin semble interminable. Il liste les différentes causes et entreprises sources de la déforestation.

La quantité de noms d’entreprises est une façon d’illustrer le gigantisme de ces industries. Il aurait été plus facile de se limiter à 5 ou 10 noms. Je voulais montrer au public l’ampleur des dégâts. Il y a un nombre incroyable de marques qui utilisent de l’huile de palme dans l’alimentaire, les cosmétiques etc... En même temps, avant l’industrialisation, l’huile de palme était absente de l’alimentation, il y a donc des solutions et des choix à faire.

Pour conclure, une recommandation, un conseil ?

L'admirable livre « The Story of Stuff » par Annie Leonard.

Pour aller plus loin: les documentaires Green et Alma sont disponibles en streaming et en téléchargement légal. Voir aussi le film d'animation The Story of Stuff

Remise de l'Objectif d'Argent au Millenium Film Festival 2011

Remise de l'Objectif d'Argent au Millenium Film Festival (Photo © Yann Verbeke www.yannverbreke.com

La Suisse va enquêter sur les finances du Premier ministre du Sarawak

Taib Mahmud a été confronté à des manifestants lorsqu'il s'est rendu en Grande-Bretagne l'année dernière.
Taib Mahmud a été confronté à des manifestants lorsqu'il s'est rendu en Grande-Bretagne l'année dernière.
© Survival

(Article Survival France, 27 mai 2011)

La Présidente de la Confédération suisse a ordonné une enquête sur les actifs détenus dans les banques suisses par le tristement célèbre Premier ministre du Sarawak, Taib Mahmud.

Les 30 années de régime de Taib Mahmud au Sarawak, partie malaisienne de l’île de Bornéo, ont été rongées par des allégations de corruption persistantes et généralisées, dont la plupart ont été révélées sur le site internet ‘Sarawak Report’. C’est sous le mandat de Taib Mahmud que la majorité des forêts du Sarawak ont été anéanties.

Dans une lettre adressée à l’ONG suisse Bruno Manser Fonds, qui a alerté les autorités sur cette affaire, la présidente Micheline Calmy-Rey a insisté sur l’engagement du gouvernement suisse à lutter contre la corruption et à restituer des fonds détournés aux pays respectifs.

Elle a évoqué la possibilité de geler les actifs de Taib Mahmud et a confirmé que le problème avait été transféré à l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) qui enquête sur le blanchiment d’argent en Suisse.

La tribu penan a vu ses forêts dévastées par les compagnies d’exploitation forestière, avec l’aval du gouvernement de Taib Mahmud. De nombreuses compagnies entretiennent des relations privilégiées avec le Premier ministre, sa famille et ses alliés. Les chasseurs-cueilleurs penan dépendent entièrement de la forêt pour leur survie. Tandis que leurs forêts sont exploitées, le gibier est effrayé et fuit, les rivières s’envasent, le sagou et les fruits de la forêt sont détruits. Alors, les Penan ne peuvent plus nourrir leurs familles.

Taib Mahmud a dit un jour que les Penan se comportaient ‘comme des animaux dans la jungle’ et a déclaré qu’ils devraient être intégrés dans la société dominante. L’histoire a montré qu’expulser les peuples indigènes de leur terre et leur imposer le ‘développement’ avait des conséquences dévastatrices.

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