déforestation

Massacres d’orangs-outans par des travailleurs de plantations de palmiers à huile

( 9 décembre 2011 )

De S M Mohd Idris, par courriel

Sahabat Alam Malaysia (SAM) est complètement bouleversé et scandalisé. En effet, des compagnies Malaisiennes d’huile de palme sont responsables de génocide contre les orangs-outans indonésiens en danger d’extinction. Aux quatre coins du Kalimantan, sur la fabuleuse île de Bornéo, les compagnies sont accusées de détruire à grand pas le peu qu’il reste de la forêt primaire et des orangs-outans qui y vivent.

Ce n’est pas seulement la destruction des derniers vestiges du refuge de ce magnifique primate, les compagnies ont payé des travailleurs dans les plantations afin d’exécuter froidement au moins 20 spécimens et des singes proboscis pour, selon eux, contrôler une épidémie de peste qui sévirait depuis 2008. La manière selon la quelle les primates ont été éradiqués fut horrible, après une chasse interminable par des chiens affamés, les hommes leur ont tiré dessus, ils les ont poignardé puis tailladé à mort avec des machettes.

Cela montre que ces compagnies ont déshonoré leur accord dans le but d’obtenir le label durable qui demande de regrouper différents critères comme « se retenir » de détruire la forêt vierge et adhérer à une politique juste d’acquisition des terrains.

Il n'y a absolument aucun respect pour le droit et la manière horrible et illégale selon laquelle les orangs-outans ont été tués est une question sérieuse puisque il est irresponsable pour ces compagnies de s'emparer des terres habitées par les orangs-outans.

Même les villageois ne sont pas épargnés par l'assaut de l'industrie élaeicole. Hormis l’habitat des primates, l'expansion des plantations détruit également les habitats d'espèces en voie de disparition comme les tigres et les éléphants.

L’expansion des plantations rétrécit les territoires de ces espèces, les contraint à quitter leur habitat et aborder des domaines voisins comprenant notamment des villages qui les considèrent comme une menace. Ces espèces sont alors chassées ou tuées.

La situation actuelle est une augmentation non négligeable de la chasse illégale et du commerce notamment de tigres et d’éléphants. L'assassinat d'orangs-outans par les travailleurs de la plantation, ou par les agriculteurs qui les voient comme des parasites, est une question très sérieuse.

Il y a, le plus souvent, une fragmentation des forêts créé par les compagnies qui empêche les déplacements de la faune d’un îlot boisé isolé à un autre. Cela augmente les chances de consanguinité et donc accentue l’éventuel déclin de la population, à cause du processus de déclin génétique. En effet, la sélection naturelle est contrainte et donc ce ne sont plus les individus les plus robustes qui sont sélectionnés. De plus, le croisement entre les différentes populations ne se faisant plus ou très peu, des maladies peuvent atteindre toute une génération.

Les propriétaires des plantations de palmiers à huile devraient être tenus responsables de leurs actes.

Les compagnies devraient plutôt être contraintes de protéger l’écosystème dans leurs zones de concession et aussi aider à l'arrestation de leurs travailleurs condamnés pour tuer les orangs-outans. Ils pourraient replanter des couloirs pour la faune afin de recréer les échanges entre îlots boisés isolés.

Afin d’éviter l’éradication des orangs-outans et des autres populations sauvages par les compagnies avides de profit, SAM demande instamment à l'organisme de Conservation de la ressource naturelle d'Indonésie (Balai Konservasi Sumber Daya Alam (BKSDA)) du Ministère des Forêts et de la Police à agir fermement par l'application de la Loi sur les propriétaires de plantation et les travailleurs qui avaient été condamnés pour avoir tué les orangs-outans.

De même, le Ministère malaisien des ressources naturelles et de l'environnement devrait prendre en considération les très graves infractions commises en Indonésie et appliquer la Loi sur la Conservation de la faune. Étant donné les ravages rapides des terres par les compagnies de palmiers à huile, la question qui se pose est la suivante : Reste-il encore un espace de vie pour nos singes ?

Le Président de SAM (Sahabat Alam Malaysia)

Scandale : Choc entre le peuple des Lumads et Nakeen Corporation: accaparement des terres, meurtres, harcèlement aux Philippines.

(Source : bulatlat.com ) Par JANESS Ann J. ELLAO 

Les Lumads

Cagayan de Oro, Misamis Oriental - Dans chaque communauté, la source d'eau potable est aussi leur source de vie. Ainsi, la plantation de palmiers à huile proche d’Opol, dans le Misamis Oriental aux Philippines, qui met en danger la source d'eau potable dans la région, ne se contente pas d’empiéter sur les terres des peuples autochtones dans la région, mais menace aussi leur existence.

Consolacion Payla, 66 ans, nous fait part de son témoignage : «Je suis en colère parce que la société qui gère la plantation de palmiers à huile n'a pas été fidèle à ses mots. Nous avons perdu nos terres, nos moyens de subsistance et notre source d'eau à cause d'eux ». Payla est l'une des Lumads (ndlr : groupe d’indigènes des Philippines) qui luttent contre la plantation de palmiers à huile à Sitio Limbasan près d’Opol, la quatrième ville de la province du Misamis Oriental.

Nakeen Corporation, une filiale de A Brown Energy and Resources Development, Inc., a été en mesure d'obtenir un permis du gouvernement pour cultiver plus de 600 hectares de terres appartenant à l’Etat situées au niveau d’Opol. Et cela, avec des avantages fiscaux s’élevant à 4,5 millions de dollars. La phase d'exploration de la région a commencé en fin 2010.

Le secrétaire au Commerce et président du conseil d'Investissements, Grégoire Domingo a déclaré que, avec la forte demande pour l'huile de palme à la fois sur le marché national et international, « la production ne peut que s'améliorer avec l’agrandissement des cultures et la croissance des palmiers. »

Des palmiers poussent jusqu'à 30 pieds de haut et ont une durée de vie de 25 ans. Ils porte des grappes de fruits frais, de petits fruits rouges, qui sont constitués de pâtes huileuses. Ses graines, appelée palmistes, sont également riches en huile. Cette plantation d'huile de palme , ici dans le  Misamis Oriental, a une capacité de plus de 13 000 tonnes de fruits frais par an et l’entreprise aurait besoin de 209 employés en plus.

Nakeen Corporation a commencé à planter des palmiers depuis janvier 2011 et la récolte des fruits, est prévue dans le courant de janvier 2014. Pourtant, dès à présent, Payla peut affirmer que l'entreprise a déjà affecté leur vie quotidienne. La communauté des Lumads ont peur pour leur source d'eau potable, car ils s’alimentent au niveau d’une rivière voisine, qui serait polluée par les produits chimiques nocifs pulvérisé sur les palmiers.

Maintenant, nous devons aller chercher l'eau à la ville, « nous marchons des kilomètres uniquement pour obtenir de l'eau potable », a déclaré Payla. Elle ajoute qu'ils observent aussi les vaches qui boivent l’eau de la rivière dans leur communauté.

 

L'accaparement des terres

 

Mais hors mis le problème de l’eau, les Lumads sont aussi privés de leurs terres et de leurs moyens de subsistance. Payla aujourd'hui n'a pas plus qu’un hectare de terre sur les six hectares qu’elle et sa famille avaient hérité. La terre était, à l'origine, une partie de leur domaine ancestral jusqu'à l’arrivée d’un certain capitaine Carrey dans leur communauté en 1951 qui a revendiqué leurs terres.

"Il est de Luzon," a déclaré Payla lorsqu'on lui demande plus de détails sur le capitaine Carrey. Carrey a transformé leurs champs de riz en une ferme d'élevage. Le mari de Payla travaillait pour lui et lorsque ce dernier est finalement parti quelques années plus tard, certaines parcelles de terre, que Carrey laissent en pâture aux animaux, ont été cédés à la famille Payla en compensation.

Mais avec l’arrivée de Nakeen Corporation, les terres ont été confisquées à la famille Payla et au reste de la communauté. En plus des 5 hectares de terre perdue, se rajoutent 580 bananiers, 64 cocotiers, 4 jacquiers et un manguier. «Nous étions ici avant même sa venue. Comment se fait-il qu’ils peuvent nous retirer notre gagne-pain aussi rapidement ? »

La production des Payla ne peut désormais suffire à couvrir leurs besoins alimentaires quotidiens. Pour joindre les deux bouts, ils vendent du bois et gagne environ 11 centimes de dollars pour chaque lot de 100 fagots de bois. Malheureusement, c’est juste assez pour acheter du sel et du poisson séché au moins une fois par mois.

 

Harcèlement

 

Ceux qui contestent la plantation de palmiers à huile sont harcelés. Dans un communiqué, Pangalasag, qui signifie littéralement « bouclier indigènes », l'Organisation régionale Lumad Kalumbay a informé que le 24 septembre dernier que leurs dirigeants et les membres sont harcelés et intimidés.

Les agents de l’organisation ont été mis sous surveillance. Ils auraient été harcelés par des messages et maltraités par les gardes de l'entreprise. «La violation systématique de leurs droits était passée inaperçu à cause de l'éloignement de la communauté, et le faible niveau d'alphabétisation des victimes qui demande réparation devant les tribunaux».

Aux alentours de 11h00, le 10 mars 2011, les membres Pangalasag ont su que Edwin Baranggot, Jemar Armilla, Fausto Magpulong, Raul Magpulong, José Paborada, Dante Paborada et Ruel Tagupa étaient sur leur chemin pour recueillir du bagacay, une variété de bambou, et qu'ils ont été appréhendés par un groupe armé alors qu'ils étaient au repos après une longue marche.

"Ils ont ouvert le feu sur nous et nous avons couru pour sauver nos vies», confie Armilla à Bulatlat.com dans une interview.  Puis il se cacha sous un buisson, mais malheureusement il a été trouvé par un homme qui s'est présenté comme un membre du Bureau national d'enquête.

Armilla continue son récit en citant l'un des membres du groupe armé : "Laissez-nous simplement le tuer. Il pourrira ici, personne n’est là pour voir ça de toute façon"

Les autres se sont rendus en voyant qu’un homme pointait un pistolet sur Armilla. Il a été menotté et a été touché à la jambe. Baranggot et Armilla ont été amenés au poste de police OPOL où ils ont été détenus pendant deux heures. Un des agents a également poinçonné NBI Armilla sur sa poitrine trois fois. Les deux ont finalement été transférés au bureau du PNB sur les terrains du Capitole provincial à Cagayan de Oro City, où ils ont été détenus pendant une nuit. Ils ont été accusés par le PNB de l'agression directe.

Barangot et Armilla ont été libérés après avoir versé une caution d'un montant de 311 $ pour les deux.

Ils ont appris plus tard que A Brown Inc. aurait appelé le PNB et la police à cause de certains "hommes armés" dans la plantation. Armilla réfute les allégations de A Brown. Il a confié au Bulatlat.com qu'il est seulement un ouvrier agricole dans une plantation de cocotiers à proximité et ne gagnent que environ 2,7$ par jour.

 

Encore plus de violations à venir

 

Jomorito Goaynon, la président de Kalumbay (organisation locale d’indigènes) dit que, dans la plupart des cas, les entreprises géantes derrière ces plantations sont presque toujours autorisé par le gouvernement local à cultiver la terre, même si les gens du pays, dans ce cas, les peuples autochtones, ne le permettent pas.

Pour forcer le peuple et permettre à des plantations de s’implanter au cœur de ces communautés, Goaynon confie que les entreprises embaucheraient des fonctionnaires du village pour convaincre les habitants. Mis à part les deux paysans qui ont été emprisonnés en Mars, dit-il, leur organisation a recensé au moins cinq familles qui ont été harcelés par les gardes des entreprises ou les responsables du village depuis que A Brown Inc. a commencé sa phase de prospection fin 2010.

Goaynon a notamment déclaré que des produits chimiques nocifs sont pulvérisés sur les palmiers à huile et pourraient gravement endommager les autres cultures telles que la noix de coco, le maïs et le riz. Le pire, dit-il, c'est quand la source d’eau potable de la communauté sera totalement polluée.

Bien qu'il n'y ait toujours pas d'unités militaires déployées dans la région, a déclaré Goaynon, ils s'attendent à ce que ca arrive.

L'incident, où Armilla et Barangot ont été prit et traduits en justice, est un signe que plusieurs violations des droits humains sont encore à venir.

"Nous ne croyons pas que ce soit ni un groupe armé, ni le NPA," (Nouvel Armée Populaire communiste). Tous ces éléments sont des tactiques simples pour réduire au silence la communauté en raison de leur lutte contre la plantation de palmiers à huile », dit Goaynon à Bulatlat.com dans une interview.

Goaynon dit qu'il est maintenant entre les mains du gouvernement national de révoquer le permis qu'il a donné à A Brown Inc. «La plantation de palmiers à huile n’aide pas l'économie du pays parce que le produit n’est pas pour la consommation locale», a-t-il dit, "nous allons déposer notre plainte officielle devant les bureaux du gouvernement pour mettre un terme à la plantation."

Payla, pour sa part, a dit qu'elle se joindra à la lutte contre la plantation de palmiers à huile."Nous n'avons pas peur car je sais que nous possédons la terre et que notre droit est de la labourer".

Les tigres verts: une nouvelle étude montre que protéger les forêts donnera un nouvel élan économique à l’Asie du Sud-Est

( Source: fr.mongabay.com, Commentaires exceptionnels de Glenn Hurowitz pour mongabay.com, traduction par Noële Belluard-Blondel, 25 octobre 2011 )

Une série de nouvelles études montre que le fait de protéger les forêts de l’Asie du Sud-Est pourrait s’avérer être pour cette dernière un très important ascenseur économique. Les études suggèrent en effet que la conservation des forêts, la sylviculture durable et les améliorations agricoles accompagnées d’investissements dans les énergies propres pourraient stimuler l’ascension des économies régionales des “Tigres verts” dont les niveaux de développement dépassent même ceux qui avaient été atteints durant les années de croissance que furent les années 90. Les études permettent de réfuter fortement les affirmations des industries du bois et de l’huile de palme selon lesquelles la déforestation est nécessaire à la croissance de la région.

L’étude (pdf) qui fait peut-être le plus autorité provient de l’Institut Rajawali pour l’Asie à la Kennedy School of Government de l’Université de Harvard. Cette vaste étude sur l’économie et le gouvernement de l’Indonésie répertorie la surexploitation des ressources naturelles et, la déforestation en particulier, comme étant les principaux obstacles à la croissance indonésienne. Le rapport estime qu’en supprimant le capital naturel pour de négligeables bénéfices, la déforestation a entraîné une perte de 150 milliards de dollars pour l’Indonésie entre 1990 et 2007, faisant disparaître pas moins d’un tiers de l’épargne nationale indonésienne durant cette période.

Comme l’a rapporté Rhett Butler, les récentes études effectuées sur le terrain en Indonésie font écho aux conclusions de Harvard:

"Un enquête menée par un groupe de travail mis en place par le Président Susilo Bambang Yudhoyono a constaté que la déforestation dans le Kalimantan coûte à la province 158,5 trilliards de roupies (soit 17,6 milliards de dollars). Une analyse séparée publiée cette semaine par l’organe de surveillance de la corruption en Indonésie (l’Indonesian Corruption Watch) a estimé les pertes étatiques provenant de la déforestation dans tout le pays à 71 trilliards de roupies (ou 8 milliards de dollars) entre 2005 et 2009, soit environ 1.6 milliards de dollars par an."

Rainforest in Sumatra, Indonesia. Photo by Rhett A. Butler.
Rainforest in Sumatra, Indonesia. Photo by Rhett A. Butler.

La déforestation n’a pas seulement entraîné des pertes monétaires, il en a aussi résulté une augmentation du chômage dans les secteurs clés des ressources naturelles. En Indonésie, par exemple, l’abattage et la conversion des forêts pour l’huile de palme représentent un phénomène si généralisé que cela a drastiquement réduit la quantité disponible de bois pour la coupe et la transformation. Sans bois à couper, l’emploi dans le secteur national des produits forestiers a dégringolé de 50% dès 2007 et les pertes ont depuis lors probablement augmentées. On estime que la province de Jambi a perdu 76 000 emplois dans le secteur alors qu’elle était autrefois un important producteur de produits forestiers,. Ce déclin du bois disponible dû à un excès d’abattage a incité l’Union des travailleurs de l’industrie forestière indonésienne à réclamer que soit interdite la coupe des forêts primaires plutôt que de compter exclusivement sur la reforestation pour le bois et la fibre de bois.

Les bénéfices financiers les plus tangibles pour l’Indonésie et la Malaisie proviendront des programmes internationaux de financement des forêts tel que le REDD+ (Réduction des émissions issues de la déforestation et de la dégradation) qui indemniseront les pays protégeant leurs forêts - environ 16 milliards de dollars dès 2020 (pdf) et sensiblement plus après cette date.

Les chiffres ne prennent pas non plus en compte plusieurs autres facteurs susceptibles d’accroître les revenus de l’agriculture qui ne pratique pas la déforestation, en particulier les améliorations en terme de production. Les productions moyennes d’huile de palme en Indonésie et en Malaisie avoisinent actuellement les 2,5 tonnes par hectare tandis que les plantations gérées de manière intensive génèrent déjà des productions de 10 tonnes par hectare et des améliorations sont encore attendues. Comme une récente étude du Centre pour l’exploitation forestière internationale l’ évoque, de simples mesures comme celles de ne pas autoriser que pourrissent les vieux palmiers à huile et que soit cultiver le “ganoderme”, un champignon parasite, pourraient être d’une aide significative. Même sans atteindre les niveaux des plantations les plus modernes, une amélioration en terme de production moyenne de 50% produirait 18 millions de tonnes supplémentaires d’huile sans qu’un arbre de plus ne soit abattu.

Alors que la protection des forêts offre des opportunités économiques très importantes et positives, il existe aussi des risques économiques majeurs pour l’agriculture et les secteurs du bois de l’Asie du Sud-Est si les pays de cette zone n’agissent pas promptement pour conserver leurs forêts. Les consommateurs dans le monde réclament toujours plus de produits non issus de la déforestation. Nestlé, Unilever, McDonald et d’autres grands groupes ont tous promis de faire en sorte que la totalité de leur huile de palme soit issue de sources certifiées “durables” conformément aux directives de la Table Ronde pour l’huile de palme durable, lesquelles sont supposées indiquer que celles-ci poussent sur des terres n’ayant pas subi de déforestation depuis 2005 (bien que de très importantes lacunes demeurent puisque les directives de la Table ronde pour l’huile de palme durable autorisent encore la déforestation pour l’huile de palme certifiée). Des marques telles que Girl Scout cookies et Mattel: (en particulier ses poupées-mannequins Ken et Barbie) ont récemment été vivement critiquées par les consommateurs pour avoir utilisé des produits liés à la déforestation en Asie du Sud-Est. Par ailleurs, de grandes institutions financières comme HSBC ont laissé tomber les investissements qu’elles faisaient dans des compagnies dont les activités étaient liées à la déforestation tandis que Wall Street se méfie à présent plus amplement des risques que ce secteur est réputé faire encourir.


Plantation et usine d’huile de palme dans le Nord de Sumatra


Déforestation dans le Kalimantan, correspondant à la partie indonésienne de Bornéo. Photos de Rhett A. Butler.

Tous ces risques pour les consommateurs mondiaux sont exacerbés du fait de l’émergence du Brésil, lequel pourrait être un concurrent en matière d’huile de palme non issue de la déforestation et ce, en terme d’approvisionnement mondial. Bien que le Brésil continue de batailler contre la déforestation liée à l’abattage de bois illégal, aux ranchs de bétail et à la construction de barrages, le pays a aussi obtenu par le passé dans ce domaine des baisses significatives. Bien qu’il ne représente que 5% de la production mondiale d’huile de palme, son plan pour une Huile de Palme Durable prévoit de faire passer ce taux à 35% et de réaliser ceci en réalisant des plantations sur les millions d’hectares de terres dont il dispose encore. Vu la technologie agricole avancée du Brésil, vu sa capacité de déploiement et ses actuels rendements dans le secteur de l’huile de palme. il est probable qu’à terme ceux-ci dépassent de loin ceux actuellement réalisés en Asie du Sud-Est. En l’absence d’une prise de distance vis-à-vis de la déforestation en Indonésie et en Malaisie, le Brésil pourrait bien revendiquer une part de marché significative en fournissant une source nouvelle et importante d’huile de palme non issue de la déforestation, portant ainsi même une atteinte considérable à la domination historique de l’Asie du Sud-Est.

Dans l’ensemble, bien sûr, c’est toute la société qui, bien au-delà des secteurs de l’agriculture et de la sylviculture, profitera des bénéfices économiques de la conservation en Asie du Sud-Est. Les incendies de forêts fréquemment utilisés pour le défrichage laissent échapper une énorme quantité de fumée toxique dans l’atmosphère, couvrant la région toute entière de brouillard. Selon la Rand Corporation, les incendies particulièrement intenses en Indonésie et en Malaisie ont accru le taux de mortalité de 22%. La mauvaise qualité de l’air peut aussi conduire les gens à l’hôpital et augmenter les crises d’asthme, diminuant conséquemment la productivité. L’un des défis que l’Asie du Sud-Est a à relever, du fait de l’intense pollution de l’air qui est aggravée par les incendies de forêts, demeure celui d’attirer dans la région les compagnies internationales afin qu’elles y établissent leurs sièges sociaux.

La déforestation côtière présente des risques particuliers. La déforestation généralisée des forêts de mangroves sur les côtes indonésiennes a privé le pays de sa protection naturelle contre la mer. Des études ont montré que les forêts de mangroves peuvent réduire le déferlement d’un tsunami de près de 90%. Lors du tsunami géant de 2004, les villages qui ont abattu leurs mangroves ont souvent été balayés tandis que ceux qui les ont conservées s’en sont bien mieux tirés. Bien que la déforestation des mangroves ait été généralisée dans toute l’Asie, celle-ci a été particulièrement forte en Indonésie. On pense que ceci a joué un rôle important dans le fait que l’Indonésie s’en est bien moins tirée que ses voisins qui ont réalisé un meilleur travail de protection de leurs forêts.

L’Asie du Sud-Est étant une région du globe très vulnérable aux typhons, aux tempêtes et aux tsunamis, les forêts qui demeurent intactes fournissent une protection vitale aux populations et à l’économie ainsi que la voie vers une bien plus grande prospérité.

Glenn Hurowitz est chercheur au Centre d’études en politiques internationales.

Nestlé prévoît l'investissement de 200 millions de $ dans le cacao

( Source: thejakartapost.com, 7 octobre 2011 )

Le géant Nestlé basé en Suisse prévoit d'investir 200 millions de dollars dans une plantation de cacao en Indonésie, parce que l’entreprise croit que l'industrie du cacao offre encore des perspectives prometteuses pour les années à venir. Le Président de l'Association Indonésienne du Cacao (Askindo), Zulhefi Sikumbang, a déclaré que le gouvernement devrait appuyer l’investissement, car c’est une importante source d’emplois. « Nous sommes optimistes quant au développement de l’industrie du cacao car les investisseurs étrangers montre un intérêt grandissant dans cette industrie et cela aidera un secteur de plus en plus dans l’impasse, » a déclaré Zulhefi, cité par Antara News. Il a ajouté que Nestlé avait déjà établi une usine de cacao en Malaisie, mais, étant donné les résultats décevant du marché, la firme a envisagé un plan d’expansion.  L'industrie indonésienne du cacao a diminué significativement ; la production a baissé de plus de 50% parce que, notamment, de nombreux agriculteurs cultivant des cacaoyers, avaient recentré leurs entreprises sur le caoutchouc et l’huile de palme.  La consommation intérieure de cacao indonésienne est maintenant 200 000 tonnes par an tandis que la capacité de production n’est que de 170 000 tonnes.

[ce que j'en pense: L’Indonésie souhaite donc augmenter sa production afin de subvenir à ses besoins et alléger le poids de l’importation. Quant à Nestlé, il ressent la pression exercée par les consommateurs quant à un besoin de transparence. L'huile de palme étant dorénavant un véritable problème éthique dans les grands groupes industriels de l'agro-alimentaire. Les IAA cherchent sans cesse des alternatives aussi valables, au niveau économique et organileptique par exemple.]

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Un projet secret de barrages menace les Penans

Un document confidentiel publié par erreur sur internet a révélé un important projet de construction d’une série de barrages hydroélectriques dans l'Etat du Sarawak, en Malaisie, qui engloutirait les villages d'au moins mille Penan, Kelabit et Kenyah.

Le document, émanant de la direction de la compagnie Sarawak Energy Berhad qui contrôle la production et la distribution de l'électricité dans l'Etat, indique la localisation de 12 projets hydroélectriques qui devraient être construits d'ici à 2020.

Les barrages submergeraient plusieurs villages des peuples penan, kelabit et kenyah et provoqueraient le déplacement d'un millier de personnes. L’un d’entre eux engloutirait également une partie du parc national de Mulu, inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO.

Les barrages produiraient beaucoup plus d'énergie que le Sarawak ne peut en consommer.

Les Penan luttent depuis 20 ans contre l’abattage de leurs forêts par les compagnies d’exploitation forestière – dont le géant malaisien Samling – qui, avec l'appui du gouvernement malaisien, ont déjà détruit une grande partie de leur territoire.

Les Penan sont des chasseurs-cueilleurs nomades. Beaucoup d'entre eux sont désormais sédentarisés, mais dépendent encore étroitement des ressources de la forêt. Environ 300 mènent toujours une vie complètement nomade.

Le document de Sarawak Energy Berhad avait été posté sur un site internet chinois et a depuis été supprimé mais vous pouvez le télécharger ici (en anglais).

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L'huile de palme, un manque à gagner pour l'Indonésie.

( Source: zonebourse.com, © revue du web Commodesk 2011, 10 octobre 2011)
 
 
Si l'Indonésie protégeait mieux ses forêts tropicales, elle pourrait générer des milliards de dollars de revenus supplémentaires. Mais si elle continue de les abattre et de les transformer en plantations de palmiers à huile, elle divisera ses dividendes par trois, révèle un nouveau rapport du Programme des Nations unies pour l'Environnement (PNUE), daté de fin septembre et commandé par les autorités indonésiennes.

La plupart des zones côtières de Sumatra, constituées de tourbières et de forêts, valent actuellement plus de 22.000 dollars l'hectare, au prix actuel du carbone. Une fois défrichées et utilisées pour la production d'huile de palme, elles ne vaudraient plus que 7.400 dollars l'hectare. Entre 1985 et 2007, près de la moitié des forêts de Sumatra ont disparu.

L'Indonésie se situe dans le top 5 des mauvais élèves au niveau international : entre 2005 et 2010, le pays a connu une forte accélération de son taux de déforestation. Le déboisement mondial est responsable de près de 18% des gaz à effet de serre (l'équivalent de six gigatonnes (Gt) de CO2), selon les estimations actuelles, soit plus que l'ensemble du secteur des transports et un peu moins seulement que la filière énergie.

En 2009/2010, l'Indonésie concentrait 47% de la production mondiale d'huile de palme, dont le rendement à l'hectare est nettement supérieur aux autres oléagineux. Et la demande mondiale est en constante augmentation.

Parallèlement à la publication de ce rapport, l'Indonésie a commencé à mettre en œuvre de nouvelles techniques de gestion des forêts : réduction des émissions liées au déboisement et investissements pour une gouvernance durable et à long terme. Un pas important, à l'approche de la Conférence mondiale des Nations unies sur le développement durable, en juin 2012.

ISPO ( Indonesia Sustainable Palm Oil ) : Une nouvelle certification rival de la RSPO, de plus en plus controversée.

( Source: thejakartapost.com, 9 septembre 2011 )

Le gouvernement Indonésien s’attache en ce moment à la conception d'une feuille de route pour le commerce durable de l’huile de palme. Elle devrait être terminée cette année. Son objectif est de renforcer l'exportation et d’améliorer la compétitivité des produits locaux au sein de la mondialisation. 

Le Haut secrétaire au Ministère du Commerce extérieur,Saleh Deddy, souhaite que cette feuille de route devienne une référence pour les divers intervenants dans le secteur élaeicole. Son vœu est d’atteindre, pour un maximum d’entreprises indonésiennes, les normes exigées par les marchés d'exportation.

Deddy ajoute que, maintenant, le défi est lié à la production, non seulement de biens de qualité, mais aussi de produits qui sont conformes aux exigences du commerce durable, respectant deux notions importantes : l’écologie et le social. Les entreprises concernées in situ doivent donc être socialement responsables des chaînes de production, d'approvisionnement et de distribution.

D’après lui, « un produit de qualité ne sera pas accepté par le marché si il ne remplit pas le cahier des charges concernant notamment les normes du travail. » Il revendique le fait que les normes en vigueur n’autorisent pas l’exploitation des travailleurs.

Il poursuit en citant une récente suspension d’achat d’agro-carburant à base d’huile de palme, par les grands acheteurs internationaux.

En 2010, plusieurs acheteurs internationaux d’huile de palme, notamment basés en Suisse comme Nestlé SA ou aux Etats-Unis (Burger King) ont suspendus leurs achats auprès de Sinar Mas Group, l'un des plus grands producteurs d'huile de palme d’Indonésie, en raison des préoccupations que l'entreprise eut en ce qui concerne l’atteinte aux forêts tropicales et aux tourbières, et cela en raison de l'expansion de ses plantations de palmiers à huile.

Selon le Ministre du Commerce à l’étranger, «notre huile de palme a été considéré comme non conforme aux normes environnementales. Les entreprises doivent prendre leurs responsabilités en faisant quelque chose pour se conformer aux exigences ». Il ajoute que la conformité est une question cruciale et que les barrières commerciales étant, dans la plupart des cas, dues aux soucis de conformité ou de respect des normes en vigueur.

L’Indonésie, le plus grand producteur mondial d'huile de palme, est en train de développer sa propre version d’une certification de la culture durable du palmier à huile (ISPO pour Indonesia Sustainable Palm Oil). L’objectif est de la rendre obligatoire dans toutes les plantations de palmiers à huile à travers le pays.

La certification ISPO comprend des mesures de très grande ampleur, tels que des licences de plantation, des plans de gestion, des techniques de culture particulières, une large dimension environnementale, une surveillance accrue et des responsabilités données aux employés et aux communautés indigènes.

Le plan a été déclenché l'an dernier par la Ministre de l'Agriculture Suswono et est considéré par beaucoup comme un rival à la RSPO basée à Kuala-Lumpur, qui, selon l'industrie indonésienne d'huile de palme, serait biaisé en faveur des pays acheteur et serait aussi bien trop coûteuse.

Pour répondre aux exigences internationales des acheteurs, le gouvernement lance également son propre système de certification du bois, qui est conforme à la réglementation sur les destinations d'exportation, tels que l'Union Européenne. Cette prise en main de l’Indonésie s’est mise en place après les dénonciations concernant la déforestation. Ce fléau a entravé les exportations de bois d’Indonésie pendant plusieurs années.

Les exportations ont été l'un des principaux moteurs de croissance de l’Indonésie, la première économie d'Asie du Sud. Au cours du premier et du deuxième trimestre de cette année, les exportations ont contribué pour, respectivement, 25,4% et 27,3% à l’augmentation du PIB indonésien, soit 1738 (144 millions d’€) et 1811 milliards (150 millions d’€) de roupies, selon l'Agence centrale des statistiques (BPS).

En savoir plus (articles en anglais):

- 20 plantations de palmiers à huile prennent part au projet pilote de l'ISPO : http://www.thejakartapost.com/news/2011/02/07/20-oil-palm-plantations-take-part-ispo-pilot-projects.html

- Besoin urgent de la mise en place de l'ISPO en complément à la certification RSPO: http://www.theedgemalaysia.com/features/182528-corporate-emergence-of-ispo-seen-as-complementary-to-rspo.html

Une communauté indigène prend une décision judiciaire en main et occupe une plantation de palmiers à huile

( Source: fr.mongabay.com, août 2011 )


Actualisé le 4 avril pour prendre en compte les réponses de l’IOI, Bhd et RAN

People of Long Teran Kenan blockading the road to their lands
Les habitants de Long Teran Kenan bloquent la route d’accès à leurs terres au Sarawak. Photo de RAN.

Une communauté Malaisienne de Bornéo a pris possession d’une plantation de palmiers à huile appartenant au groupe IOI, après que ce géant de l’huile de palme n’a pas respecté la décision judiciaire statuant que la plantation a été établie sur des terres appartenant par coutume aux populations autochtones, selon rapports du Rainforest Action Network (RAN).

Selon le groupe militant américain de San Francisco, cette action est intervenue après des mois d’inaction de la part du groupe IOI, suite à la décision rendue en mars 2010, qui énonçait que les deux concessions exploitées par le groupe étaient plantées sur des terres appartenant à la communauté autochtone. Malgré cette décision, le groupe IOI a continué à exploiter ces plantations. Le groupe a également rompu son engagement de ne pas faire appel de cette décision, d’après le RAN. C’est pourquoi au début du mois, les habitants de Long Teran Kenan ont bloqué la route et occupé la plantation. Depuis, ils ont commencé à récolter et vendre les fruits de cette plantation à une autre usine d’extraction d’huile de palme des environs.

Le RAN souligne l’importance de la situation du fait qu’IOI approvisionne Cargill, le plus grand importateur américain d’huile de palme. Le RAN indique que Cargill n’a pas réussi à mettre en place des politiques destinées à prévenir de tels abus.

« Cargill est l’importateur d’huile de palme numéro 1 aux Etats-Unis » commente Lindsey Allen, directrice du programme en faveur des forêts au sein du RAN, sur le blog de l’organisation écologiste Understory Blog. « Cela confère à Cargill une influence considérable sur le marché mondial de l’huile de palme, y compris sur la façon dont l’huile de palme est produite, raffinée et distribuée. »

« Pendant plus de trois ans, le RAN a encouragé Cargill à adopter des standards afin de garantir que l’entreprise n’importe pas également des violations des droits de l’homme, la destruction des forêts tropicales et le changement climatique. Puisque Cargill n’a jusqu’à maintenant pas mis ces standards en place, il est possible de trouver de l’huile de palme issue de pratiques controversées dans l’ensemble des supermarchés américains. »

, Cargill n’a pas souhaité commenter la situation avec mongabay.com, mais dans une déclaration envoyée par email, le groupe IOI a contesté ces accusations.

Le groupe IOI a indiqué que la Haute Cour du Sarawak n’avait pas accordé aux « autochtones » le droit de réclamer les terres contestées et a ajouté que « les droits coutumiers des populations autochtones sur ces terres » pouvaient s’éteindre en échange de compensations financières. Le groupe IOI a également déclaré que la Cour « n’avait accordé aucune des injonctions demandées par les populations autochtones empêchant le groupe IOI Pelita de rester sur place et poursuivre l’exploitation des terres concernées ». Ainsi, le groupe IOI estime que les actions menées par les habitants de Long Teran Kenan sont « illégales ».

map of contested IOI plantation
Carte montrant les zones-clés visitées par l’ONG Grassroots lors d’une étude de cas (tirée de Case study of IOI Pelita Plantations operations and practices, and its impact upon the community of Long Teran Kanan, Tinjar, Baram, Sarawak, Malaysia[Etude de cas des opérations et pratiques du groupe IOI Pelita et de leurs impacts sur la communauté de Long Teran Kanan, Tinjar, Baram, Etat du Sarawak, en Malaisie])): A) Logement des employés d’IOI B) Vue des terres récemment déboisées par le groupe IOI C) Zone de stockage et mélange de produits agrochimiques du groupe IOI D) Sungai Tegai E) Décharge où sont stockés les déchets produits par le groupe IOI F) Entrée du domaine Tegai, propriété du groupe IOI / le groupe IOI coupe l’accès des agriculteurs autochtones à l’exploitation G) Réserve d’eau de la communauté autochtone / Zone de pompage de l’eau de la communauté / Terres de l’agriculteur indigène Malang Jok’s H) Cimetière illégal où sont enterrés les employés décédés du groupe IOI I) Le groupe IOI promet de contribuer aux travaux de réparation de la route J) Vue des palmiers à huile du groupe IOI sur les terres de la communauté K) Projet de gazoduc L) Bureau du domaine Tegai, groupe IOI M) Kampung Long Teran Kanan



Mais Lindsey Allen de RAN n’était pas satisfaite de la réponse du groupe IOI.

« L’interprétation du groupe IOI selon laquelle les droits ancestraux peuvent s’éteindre en contrepartie de compensations financières n’est pas seulement choquante, mais indique également qu’IOI ne respecte pas son engagement de traiter la population de Long Teran Kenan avec respect » a-t-elle déclaré à mongabay.com

« Le Rainforest Action Network conteste l’accusation du groupe IOI selon laquelle les propriétaires terriens de la communauté indigène sont « illégaux » et continuera à soutenir la communauté de Long Teran dans sa lutte pour reprendre possession de ces terres ancestrales exploitées par une des entreprises d’huile de palme les plus puissantes du monde. Je réitère la question posée au groupe IOI qui est restée sans réponse au RAN : le groupe IOI va-t-il négocier de bonne foi ou va-t-il continuer à utiliser des interprétations légales habiles afin de contester la légitimité de la communauté indigène ?

Logging roads and damaged forest in Sarawak compared with healthy forest in Brunei
Les chemins d'exploitation et la forêt dégradée au Sarawak, en comparaison avec la forêt saine au Brunei. Photos de Google Earth.



La forêt tropicale en diminue au Sarawak

Les forêts du Sarawak ont été fortement affectées par la déforestation et le développement des plantations au cours des trois dernières décennies. L’année dernière, le gouvernement a annoncé un plan d’expansion des cultures de palmiers à huile de plus d’un million d’hectares (2,5 millions d’acres) pour la décennie à venir. James Masing, le ministre pour l’aménagement du territoire, a déclaré que les terres appartenant par coutume aux autochtones seraient visées par le développement des plantations.

Les entreprises forestières sont connues pour entretenir des liens étroits avec le gouvernement, y compris avec le Ministre en chef Pehin Sri Abdul Taib Mahmud. Des connections le reliant à des propriétés à l’étranger valant des centaines de millions de dollars ont été établies. L’origine des ces propriétés reste inexpliquée.

Les écologistes estiment qu’il reste moins de 10% de la forêt primaire du Sarawak.

Fruit d'Or et Planta Fin - les margarines sanglantes du groupe Unilever

 

Ils vinrent sur le coup de midi, armés comme pour une opération anti-terroriste: les brigades mobiles spéciales (Brimob) et les forces de sécurité du groupe Wilmar ont envoyé au total 700 soldats armés dans le petit village de Sungai Beruang situé sur l'île de Sumatra en Indonésie. En quelques minutes fut détruit et saccagé ce que les habitants avaient péniblement construit. Dans la panique générale, hommes, femmes et enfants se sont réfugiés dans la forêt pour fuir les bulldozers et les fusils. Il reste à ce jour encore 40 personnes portées disparues. Ces indigènes, appartenant au peuple de Suku Anak Dalam, vivent là-bas depuis plusieurs générations. Ils doivent pour leur propre survie de plus en plus souvent lutter contre leur propre gouvernement, les producteurs d'huile de palme et leurs chiens de garde.

Le déclenchement de cette action violente a suivi un schéma dont la répétition est symptomatique de l'histoire tourmentée de la production d'huile de palme en Indonésie: des populations sont expulsées de leurs terres, la forêt tropicale où elles vivaient disparaissent pour donner place à des plantations géantes de palmiers à huile. Quiconque résiste est intimidé, emprisonné ou abattu. Un des pires producteurs d'huile de palme est aussi le plus grand du monde: Wilmar International, tristement célèbre pour ses déforestations illégales et ses violations des droits de l'homme, qui exploite plus de 600.000 hectares de plantations sur les îles de Sumatra et Bornéo.

Informations supplémentaires

« Wilmar fait appel à des brigades mobiles armées pour réduire au silence les personnes qui se défendent contre l'accaparement de leurs terres » selon Feri Irawan. « Wilmar se prête à des pratiques sanglantes ». L'organisation de Feri et d'autres associations ont ensemble montré au grand jour cette violence et organisé une manifestation devant le parlement de la province de Jambi.

Unilever est, avec 1,3 millions de tonnes utilisées chaque année, l'un des plus gros consommateurs d'huile de palme au monde. De Fruit d'Or, en passant par Dove et Signal, l'huile de palme se retrouve dans presque tous les produits d'Unilever. Et Wilmar International compte parmi ses principaux fournisseurs.

De combien de victimes supplémentaires a donc besoin la multinationale Unilever pour enfin prendre ses responsabilités? Sauvons la forêt appelle les dirigeants du groupe à remplacer systématiquement l'huile de palme dans ses produits par des huiles produites localement.

Signez la pétition adressée au PDG d'Unilever France.

Le roi de Malaisie invité à une fête écologique alors que la déforestation fait rage au Sarawak

( Source: survivalfrance.org, 28 juillet 2011 )

Le roi de Malaisie et le prince de Galles ont assisté hier à Londres à la réception de ‘Earth Awards’ organisée en partenariat avec START, une initiative du prince Galles visant à sensibiliser les citoyens britanniques au développement durable.

La présence incongrue du roi de Malaisie au cocktail d’inauguration de l’exposition sur les ‘innovations durables’ ne restera pas sans réaction de la part de la tribu des Penan. Ces chasseurs-cueilleurs nomades qui dépendent exclusivement de leur forêt pour leur survie se classent parmi les meilleurs protecteurs de l’environnement.

Cependant, sur l’île de Bornéo, dans l’Etat malaisien du Sarawak, leurs territoires subissent une déforestation massive en faveur du commerce de bois et des plantations de palmiers à huile.

Depuis des milliers d’années, les Penan vivent en harmonie avec les forêts du Sarawak qui sont parmi les plus anciennes et les plus riches en biodiversité de la planète.

En contraste total avec les bûcherons qui détruisent massivement leurs forêts, les Penan n’y prélèvent que ce dont ils ont besoin, préservant ainsi durablement leurs précieuses ressources.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Je suis surpris que le roi de Malaisie ait été invité à cet ’éco’-événement alors que son pays détruit les forêts du Sarawak trois fois plus vite que tous les autres pays d’Asie réunis. Nous l’appelons à user de son influence pour empêcher la destruction de la forêt des Penan et pour garantir le maintien de leur mode de vie durable’.

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