huile de palme

Une appli pour traquer l’huile de palme dans vos produits

( Source: TerraEco, 16/11/2012 )

L'huile de palme sera - peut-être - bientôt surtaxée. Mais comment la repérer ? Un site internet doublé d'une appli vous aidera à la bannir de votre assiette.

La pâte à tartiner de votre enfance pourrait bien alourdir votre porte-monnaie. Elle et des centaines de produits imprégnés d’huile de palme. Ce mercredi, le Sénat a voté le désormais fameux « amendement Nutella » qui multiplie par quatre les taxes sur cet ingrédient… avant de rejeter quelques heures plus tard l’ensemble du projet de budget de la Sécurité sociale qui contenait cette mesure. C’est aux députés que reviendra le dernier mot. Mais si vous avez décidé mordicus de bannir l’huile de palme de votre chariot, parce que, pleine d’acides gras saturés, vous la jugez nocive pour la santé ou parce que vous l’accusez de participer à la déforestation en Indonésie, vous vous êtes peut-être aperçu que la mission était plutôt ardue. Adrien Gontier, Alsacien et thésard, en a fait les frais. Bien décidé à ne pas ingurgiter d’huile de palme pendant un an, il a appris à la repérer (la mention « huile de palme » n’est pas encore obligatoire, on la retrouve sous les doux noms de « palm kernel » de « zinc palmitate », d’ « alcool de palmitate », de « palm stéarine », « glycol palmitate », etc). Il a même publié un « petit guide bleu des solutions », à télécharger ici.

Mais si vous ne voulez pas rester le nez collé aux étiquettes, une solution existe. Mesgoûts.fr vous propose de repérer les produits à éviter. Cette petite start-up née en septembre a conçu une base de données riche de 11 500 produits qu’elle a décliné en deux applications, l’une pour Iphone, l’autre pour Android. Il vous suffit d’entrer, dans votre profil, le nom de l’ingrédient – l’huile de palme, l’arachide par exemple – que vous voulez éviter, de scanner le code barres du produit saisi dans les étals ou d’entrer son nom sur le site et Mesgoûts vous donne ou non le feu vert [1]. Et pas seulement. Elle vous indique, par une note sur 10, la qualité (conservateur, colorants…) et les caractéristiques nutritionnelles du produit, son prix plus ou moins bon marché, son origine géographique plus ou moins française, ses vertus environnementales, éthiques ou sociales…

Pilule bleue ou rouge, à vous de choisir…

Mais Mesgoûts est avant tout un espace de liberté. Dans ses critères, chacun est libre de mettre le curseur où il veut. De s’éloigner des recommandations du Programme national de nutrition santé paramétrées par défaut et de choisir du tout gras, tout sucré. De prendre le large vis-à-vis des alertes sur le climat et d’opter pour du Made in Australia« On veut éviter la prise de parti, la dichotomie "méchants contre gentils". Les gens ont des envies différentes. C’est une approche à la Matrix. Vous avez une pilule rouge ou une pilule bleue. Vous avez accès à la vérité, à vous de choisir si vous l’utilisez ou pas », s’amuse Olivier Huret, l’un des cofondateurs.

Comment ont-ils procédé ? « Les 11 500 produits sont passés physiquement dans nos mains. Et nous avons travaillé aussi avec nos proches et des réseaux. » Pour évaluer la performance environnementale, ils ont par exemple mesuré l’importance du packaging en pesant les produits un à un avec un, ont regardé la recyclabilité de l’emballage ou calculé les kilomètres parcourus par une bouteille d’eau ou un paquet de biscuits. Les industriels peu transparents ont décroché le bonnet d’âne : quand le pays de fabrication n’est pas mentionné, Mesgoûts.fr décrète par défaut que le produit a vu le jour en Nouvelle-Zélande. « Certaines personnes nous disent qu’il faudrait aller plus loin mais on va avancer au fur et à mesure. On n’indique pas pour l’instant les émissions de CO2, parce que la viande aura forcément un impact plus important. Un producteur de viande sera tout de suite disqualifié par rapport à un producteur de légumes et tous ses efforts seront comptabilisés de façon marginale », explique Olivier Huret. Avant d’ajouter : « Le sens de l’histoire, c’est quand même d’aller vers ça ». Pour guider le consommateur responsable dans la jungle des étiquettes.

[1] Comme la mention « huile de palme » n’est pas obligatoire, Mesgoûts.fr qualifie, par défaut, toute « matière grasse végétale » d’huile de palme.

Massacres d’orangs-outans par des travailleurs de plantations de palmiers à huile

( 9 décembre 2011 )

De S M Mohd Idris, par courriel

Sahabat Alam Malaysia (SAM) est complètement bouleversé et scandalisé. En effet, des compagnies Malaisiennes d’huile de palme sont responsables de génocide contre les orangs-outans indonésiens en danger d’extinction. Aux quatre coins du Kalimantan, sur la fabuleuse île de Bornéo, les compagnies sont accusées de détruire à grand pas le peu qu’il reste de la forêt primaire et des orangs-outans qui y vivent.

Ce n’est pas seulement la destruction des derniers vestiges du refuge de ce magnifique primate, les compagnies ont payé des travailleurs dans les plantations afin d’exécuter froidement au moins 20 spécimens et des singes proboscis pour, selon eux, contrôler une épidémie de peste qui sévirait depuis 2008. La manière selon la quelle les primates ont été éradiqués fut horrible, après une chasse interminable par des chiens affamés, les hommes leur ont tiré dessus, ils les ont poignardé puis tailladé à mort avec des machettes.

Cela montre que ces compagnies ont déshonoré leur accord dans le but d’obtenir le label durable qui demande de regrouper différents critères comme « se retenir » de détruire la forêt vierge et adhérer à une politique juste d’acquisition des terrains.

Il n'y a absolument aucun respect pour le droit et la manière horrible et illégale selon laquelle les orangs-outans ont été tués est une question sérieuse puisque il est irresponsable pour ces compagnies de s'emparer des terres habitées par les orangs-outans.

Même les villageois ne sont pas épargnés par l'assaut de l'industrie élaeicole. Hormis l’habitat des primates, l'expansion des plantations détruit également les habitats d'espèces en voie de disparition comme les tigres et les éléphants.

L’expansion des plantations rétrécit les territoires de ces espèces, les contraint à quitter leur habitat et aborder des domaines voisins comprenant notamment des villages qui les considèrent comme une menace. Ces espèces sont alors chassées ou tuées.

La situation actuelle est une augmentation non négligeable de la chasse illégale et du commerce notamment de tigres et d’éléphants. L'assassinat d'orangs-outans par les travailleurs de la plantation, ou par les agriculteurs qui les voient comme des parasites, est une question très sérieuse.

Il y a, le plus souvent, une fragmentation des forêts créé par les compagnies qui empêche les déplacements de la faune d’un îlot boisé isolé à un autre. Cela augmente les chances de consanguinité et donc accentue l’éventuel déclin de la population, à cause du processus de déclin génétique. En effet, la sélection naturelle est contrainte et donc ce ne sont plus les individus les plus robustes qui sont sélectionnés. De plus, le croisement entre les différentes populations ne se faisant plus ou très peu, des maladies peuvent atteindre toute une génération.

Les propriétaires des plantations de palmiers à huile devraient être tenus responsables de leurs actes.

Les compagnies devraient plutôt être contraintes de protéger l’écosystème dans leurs zones de concession et aussi aider à l'arrestation de leurs travailleurs condamnés pour tuer les orangs-outans. Ils pourraient replanter des couloirs pour la faune afin de recréer les échanges entre îlots boisés isolés.

Afin d’éviter l’éradication des orangs-outans et des autres populations sauvages par les compagnies avides de profit, SAM demande instamment à l'organisme de Conservation de la ressource naturelle d'Indonésie (Balai Konservasi Sumber Daya Alam (BKSDA)) du Ministère des Forêts et de la Police à agir fermement par l'application de la Loi sur les propriétaires de plantation et les travailleurs qui avaient été condamnés pour avoir tué les orangs-outans.

De même, le Ministère malaisien des ressources naturelles et de l'environnement devrait prendre en considération les très graves infractions commises en Indonésie et appliquer la Loi sur la Conservation de la faune. Étant donné les ravages rapides des terres par les compagnies de palmiers à huile, la question qui se pose est la suivante : Reste-il encore un espace de vie pour nos singes ?

Le Président de SAM (Sahabat Alam Malaysia)

Scandale : Choc entre le peuple des Lumads et Nakeen Corporation: accaparement des terres, meurtres, harcèlement aux Philippines.

(Source : bulatlat.com ) Par JANESS Ann J. ELLAO 

Les Lumads

Cagayan de Oro, Misamis Oriental - Dans chaque communauté, la source d'eau potable est aussi leur source de vie. Ainsi, la plantation de palmiers à huile proche d’Opol, dans le Misamis Oriental aux Philippines, qui met en danger la source d'eau potable dans la région, ne se contente pas d’empiéter sur les terres des peuples autochtones dans la région, mais menace aussi leur existence.

Consolacion Payla, 66 ans, nous fait part de son témoignage : «Je suis en colère parce que la société qui gère la plantation de palmiers à huile n'a pas été fidèle à ses mots. Nous avons perdu nos terres, nos moyens de subsistance et notre source d'eau à cause d'eux ». Payla est l'une des Lumads (ndlr : groupe d’indigènes des Philippines) qui luttent contre la plantation de palmiers à huile à Sitio Limbasan près d’Opol, la quatrième ville de la province du Misamis Oriental.

Nakeen Corporation, une filiale de A Brown Energy and Resources Development, Inc., a été en mesure d'obtenir un permis du gouvernement pour cultiver plus de 600 hectares de terres appartenant à l’Etat situées au niveau d’Opol. Et cela, avec des avantages fiscaux s’élevant à 4,5 millions de dollars. La phase d'exploration de la région a commencé en fin 2010.

Le secrétaire au Commerce et président du conseil d'Investissements, Grégoire Domingo a déclaré que, avec la forte demande pour l'huile de palme à la fois sur le marché national et international, « la production ne peut que s'améliorer avec l’agrandissement des cultures et la croissance des palmiers. »

Des palmiers poussent jusqu'à 30 pieds de haut et ont une durée de vie de 25 ans. Ils porte des grappes de fruits frais, de petits fruits rouges, qui sont constitués de pâtes huileuses. Ses graines, appelée palmistes, sont également riches en huile. Cette plantation d'huile de palme , ici dans le  Misamis Oriental, a une capacité de plus de 13 000 tonnes de fruits frais par an et l’entreprise aurait besoin de 209 employés en plus.

Nakeen Corporation a commencé à planter des palmiers depuis janvier 2011 et la récolte des fruits, est prévue dans le courant de janvier 2014. Pourtant, dès à présent, Payla peut affirmer que l'entreprise a déjà affecté leur vie quotidienne. La communauté des Lumads ont peur pour leur source d'eau potable, car ils s’alimentent au niveau d’une rivière voisine, qui serait polluée par les produits chimiques nocifs pulvérisé sur les palmiers.

Maintenant, nous devons aller chercher l'eau à la ville, « nous marchons des kilomètres uniquement pour obtenir de l'eau potable », a déclaré Payla. Elle ajoute qu'ils observent aussi les vaches qui boivent l’eau de la rivière dans leur communauté.

 

L'accaparement des terres

 

Mais hors mis le problème de l’eau, les Lumads sont aussi privés de leurs terres et de leurs moyens de subsistance. Payla aujourd'hui n'a pas plus qu’un hectare de terre sur les six hectares qu’elle et sa famille avaient hérité. La terre était, à l'origine, une partie de leur domaine ancestral jusqu'à l’arrivée d’un certain capitaine Carrey dans leur communauté en 1951 qui a revendiqué leurs terres.

"Il est de Luzon," a déclaré Payla lorsqu'on lui demande plus de détails sur le capitaine Carrey. Carrey a transformé leurs champs de riz en une ferme d'élevage. Le mari de Payla travaillait pour lui et lorsque ce dernier est finalement parti quelques années plus tard, certaines parcelles de terre, que Carrey laissent en pâture aux animaux, ont été cédés à la famille Payla en compensation.

Mais avec l’arrivée de Nakeen Corporation, les terres ont été confisquées à la famille Payla et au reste de la communauté. En plus des 5 hectares de terre perdue, se rajoutent 580 bananiers, 64 cocotiers, 4 jacquiers et un manguier. «Nous étions ici avant même sa venue. Comment se fait-il qu’ils peuvent nous retirer notre gagne-pain aussi rapidement ? »

La production des Payla ne peut désormais suffire à couvrir leurs besoins alimentaires quotidiens. Pour joindre les deux bouts, ils vendent du bois et gagne environ 11 centimes de dollars pour chaque lot de 100 fagots de bois. Malheureusement, c’est juste assez pour acheter du sel et du poisson séché au moins une fois par mois.

 

Harcèlement

 

Ceux qui contestent la plantation de palmiers à huile sont harcelés. Dans un communiqué, Pangalasag, qui signifie littéralement « bouclier indigènes », l'Organisation régionale Lumad Kalumbay a informé que le 24 septembre dernier que leurs dirigeants et les membres sont harcelés et intimidés.

Les agents de l’organisation ont été mis sous surveillance. Ils auraient été harcelés par des messages et maltraités par les gardes de l'entreprise. «La violation systématique de leurs droits était passée inaperçu à cause de l'éloignement de la communauté, et le faible niveau d'alphabétisation des victimes qui demande réparation devant les tribunaux».

Aux alentours de 11h00, le 10 mars 2011, les membres Pangalasag ont su que Edwin Baranggot, Jemar Armilla, Fausto Magpulong, Raul Magpulong, José Paborada, Dante Paborada et Ruel Tagupa étaient sur leur chemin pour recueillir du bagacay, une variété de bambou, et qu'ils ont été appréhendés par un groupe armé alors qu'ils étaient au repos après une longue marche.

"Ils ont ouvert le feu sur nous et nous avons couru pour sauver nos vies», confie Armilla à Bulatlat.com dans une interview.  Puis il se cacha sous un buisson, mais malheureusement il a été trouvé par un homme qui s'est présenté comme un membre du Bureau national d'enquête.

Armilla continue son récit en citant l'un des membres du groupe armé : "Laissez-nous simplement le tuer. Il pourrira ici, personne n’est là pour voir ça de toute façon"

Les autres se sont rendus en voyant qu’un homme pointait un pistolet sur Armilla. Il a été menotté et a été touché à la jambe. Baranggot et Armilla ont été amenés au poste de police OPOL où ils ont été détenus pendant deux heures. Un des agents a également poinçonné NBI Armilla sur sa poitrine trois fois. Les deux ont finalement été transférés au bureau du PNB sur les terrains du Capitole provincial à Cagayan de Oro City, où ils ont été détenus pendant une nuit. Ils ont été accusés par le PNB de l'agression directe.

Barangot et Armilla ont été libérés après avoir versé une caution d'un montant de 311 $ pour les deux.

Ils ont appris plus tard que A Brown Inc. aurait appelé le PNB et la police à cause de certains "hommes armés" dans la plantation. Armilla réfute les allégations de A Brown. Il a confié au Bulatlat.com qu'il est seulement un ouvrier agricole dans une plantation de cocotiers à proximité et ne gagnent que environ 2,7$ par jour.

 

Encore plus de violations à venir

 

Jomorito Goaynon, la président de Kalumbay (organisation locale d’indigènes) dit que, dans la plupart des cas, les entreprises géantes derrière ces plantations sont presque toujours autorisé par le gouvernement local à cultiver la terre, même si les gens du pays, dans ce cas, les peuples autochtones, ne le permettent pas.

Pour forcer le peuple et permettre à des plantations de s’implanter au cœur de ces communautés, Goaynon confie que les entreprises embaucheraient des fonctionnaires du village pour convaincre les habitants. Mis à part les deux paysans qui ont été emprisonnés en Mars, dit-il, leur organisation a recensé au moins cinq familles qui ont été harcelés par les gardes des entreprises ou les responsables du village depuis que A Brown Inc. a commencé sa phase de prospection fin 2010.

Goaynon a notamment déclaré que des produits chimiques nocifs sont pulvérisés sur les palmiers à huile et pourraient gravement endommager les autres cultures telles que la noix de coco, le maïs et le riz. Le pire, dit-il, c'est quand la source d’eau potable de la communauté sera totalement polluée.

Bien qu'il n'y ait toujours pas d'unités militaires déployées dans la région, a déclaré Goaynon, ils s'attendent à ce que ca arrive.

L'incident, où Armilla et Barangot ont été prit et traduits en justice, est un signe que plusieurs violations des droits humains sont encore à venir.

"Nous ne croyons pas que ce soit ni un groupe armé, ni le NPA," (Nouvel Armée Populaire communiste). Tous ces éléments sont des tactiques simples pour réduire au silence la communauté en raison de leur lutte contre la plantation de palmiers à huile », dit Goaynon à Bulatlat.com dans une interview.

Goaynon dit qu'il est maintenant entre les mains du gouvernement national de révoquer le permis qu'il a donné à A Brown Inc. «La plantation de palmiers à huile n’aide pas l'économie du pays parce que le produit n’est pas pour la consommation locale», a-t-il dit, "nous allons déposer notre plainte officielle devant les bureaux du gouvernement pour mettre un terme à la plantation."

Payla, pour sa part, a dit qu'elle se joindra à la lutte contre la plantation de palmiers à huile."Nous n'avons pas peur car je sais que nous possédons la terre et que notre droit est de la labourer".

Les tigres verts: une nouvelle étude montre que protéger les forêts donnera un nouvel élan économique à l’Asie du Sud-Est

( Source: fr.mongabay.com, Commentaires exceptionnels de Glenn Hurowitz pour mongabay.com, traduction par Noële Belluard-Blondel, 25 octobre 2011 )

Une série de nouvelles études montre que le fait de protéger les forêts de l’Asie du Sud-Est pourrait s’avérer être pour cette dernière un très important ascenseur économique. Les études suggèrent en effet que la conservation des forêts, la sylviculture durable et les améliorations agricoles accompagnées d’investissements dans les énergies propres pourraient stimuler l’ascension des économies régionales des “Tigres verts” dont les niveaux de développement dépassent même ceux qui avaient été atteints durant les années de croissance que furent les années 90. Les études permettent de réfuter fortement les affirmations des industries du bois et de l’huile de palme selon lesquelles la déforestation est nécessaire à la croissance de la région.

L’étude (pdf) qui fait peut-être le plus autorité provient de l’Institut Rajawali pour l’Asie à la Kennedy School of Government de l’Université de Harvard. Cette vaste étude sur l’économie et le gouvernement de l’Indonésie répertorie la surexploitation des ressources naturelles et, la déforestation en particulier, comme étant les principaux obstacles à la croissance indonésienne. Le rapport estime qu’en supprimant le capital naturel pour de négligeables bénéfices, la déforestation a entraîné une perte de 150 milliards de dollars pour l’Indonésie entre 1990 et 2007, faisant disparaître pas moins d’un tiers de l’épargne nationale indonésienne durant cette période.

Comme l’a rapporté Rhett Butler, les récentes études effectuées sur le terrain en Indonésie font écho aux conclusions de Harvard:

"Un enquête menée par un groupe de travail mis en place par le Président Susilo Bambang Yudhoyono a constaté que la déforestation dans le Kalimantan coûte à la province 158,5 trilliards de roupies (soit 17,6 milliards de dollars). Une analyse séparée publiée cette semaine par l’organe de surveillance de la corruption en Indonésie (l’Indonesian Corruption Watch) a estimé les pertes étatiques provenant de la déforestation dans tout le pays à 71 trilliards de roupies (ou 8 milliards de dollars) entre 2005 et 2009, soit environ 1.6 milliards de dollars par an."

Rainforest in Sumatra, Indonesia. Photo by Rhett A. Butler.
Rainforest in Sumatra, Indonesia. Photo by Rhett A. Butler.

La déforestation n’a pas seulement entraîné des pertes monétaires, il en a aussi résulté une augmentation du chômage dans les secteurs clés des ressources naturelles. En Indonésie, par exemple, l’abattage et la conversion des forêts pour l’huile de palme représentent un phénomène si généralisé que cela a drastiquement réduit la quantité disponible de bois pour la coupe et la transformation. Sans bois à couper, l’emploi dans le secteur national des produits forestiers a dégringolé de 50% dès 2007 et les pertes ont depuis lors probablement augmentées. On estime que la province de Jambi a perdu 76 000 emplois dans le secteur alors qu’elle était autrefois un important producteur de produits forestiers,. Ce déclin du bois disponible dû à un excès d’abattage a incité l’Union des travailleurs de l’industrie forestière indonésienne à réclamer que soit interdite la coupe des forêts primaires plutôt que de compter exclusivement sur la reforestation pour le bois et la fibre de bois.

Les bénéfices financiers les plus tangibles pour l’Indonésie et la Malaisie proviendront des programmes internationaux de financement des forêts tel que le REDD+ (Réduction des émissions issues de la déforestation et de la dégradation) qui indemniseront les pays protégeant leurs forêts - environ 16 milliards de dollars dès 2020 (pdf) et sensiblement plus après cette date.

Les chiffres ne prennent pas non plus en compte plusieurs autres facteurs susceptibles d’accroître les revenus de l’agriculture qui ne pratique pas la déforestation, en particulier les améliorations en terme de production. Les productions moyennes d’huile de palme en Indonésie et en Malaisie avoisinent actuellement les 2,5 tonnes par hectare tandis que les plantations gérées de manière intensive génèrent déjà des productions de 10 tonnes par hectare et des améliorations sont encore attendues. Comme une récente étude du Centre pour l’exploitation forestière internationale l’ évoque, de simples mesures comme celles de ne pas autoriser que pourrissent les vieux palmiers à huile et que soit cultiver le “ganoderme”, un champignon parasite, pourraient être d’une aide significative. Même sans atteindre les niveaux des plantations les plus modernes, une amélioration en terme de production moyenne de 50% produirait 18 millions de tonnes supplémentaires d’huile sans qu’un arbre de plus ne soit abattu.

Alors que la protection des forêts offre des opportunités économiques très importantes et positives, il existe aussi des risques économiques majeurs pour l’agriculture et les secteurs du bois de l’Asie du Sud-Est si les pays de cette zone n’agissent pas promptement pour conserver leurs forêts. Les consommateurs dans le monde réclament toujours plus de produits non issus de la déforestation. Nestlé, Unilever, McDonald et d’autres grands groupes ont tous promis de faire en sorte que la totalité de leur huile de palme soit issue de sources certifiées “durables” conformément aux directives de la Table Ronde pour l’huile de palme durable, lesquelles sont supposées indiquer que celles-ci poussent sur des terres n’ayant pas subi de déforestation depuis 2005 (bien que de très importantes lacunes demeurent puisque les directives de la Table ronde pour l’huile de palme durable autorisent encore la déforestation pour l’huile de palme certifiée). Des marques telles que Girl Scout cookies et Mattel: (en particulier ses poupées-mannequins Ken et Barbie) ont récemment été vivement critiquées par les consommateurs pour avoir utilisé des produits liés à la déforestation en Asie du Sud-Est. Par ailleurs, de grandes institutions financières comme HSBC ont laissé tomber les investissements qu’elles faisaient dans des compagnies dont les activités étaient liées à la déforestation tandis que Wall Street se méfie à présent plus amplement des risques que ce secteur est réputé faire encourir.


Plantation et usine d’huile de palme dans le Nord de Sumatra


Déforestation dans le Kalimantan, correspondant à la partie indonésienne de Bornéo. Photos de Rhett A. Butler.

Tous ces risques pour les consommateurs mondiaux sont exacerbés du fait de l’émergence du Brésil, lequel pourrait être un concurrent en matière d’huile de palme non issue de la déforestation et ce, en terme d’approvisionnement mondial. Bien que le Brésil continue de batailler contre la déforestation liée à l’abattage de bois illégal, aux ranchs de bétail et à la construction de barrages, le pays a aussi obtenu par le passé dans ce domaine des baisses significatives. Bien qu’il ne représente que 5% de la production mondiale d’huile de palme, son plan pour une Huile de Palme Durable prévoit de faire passer ce taux à 35% et de réaliser ceci en réalisant des plantations sur les millions d’hectares de terres dont il dispose encore. Vu la technologie agricole avancée du Brésil, vu sa capacité de déploiement et ses actuels rendements dans le secteur de l’huile de palme. il est probable qu’à terme ceux-ci dépassent de loin ceux actuellement réalisés en Asie du Sud-Est. En l’absence d’une prise de distance vis-à-vis de la déforestation en Indonésie et en Malaisie, le Brésil pourrait bien revendiquer une part de marché significative en fournissant une source nouvelle et importante d’huile de palme non issue de la déforestation, portant ainsi même une atteinte considérable à la domination historique de l’Asie du Sud-Est.

Dans l’ensemble, bien sûr, c’est toute la société qui, bien au-delà des secteurs de l’agriculture et de la sylviculture, profitera des bénéfices économiques de la conservation en Asie du Sud-Est. Les incendies de forêts fréquemment utilisés pour le défrichage laissent échapper une énorme quantité de fumée toxique dans l’atmosphère, couvrant la région toute entière de brouillard. Selon la Rand Corporation, les incendies particulièrement intenses en Indonésie et en Malaisie ont accru le taux de mortalité de 22%. La mauvaise qualité de l’air peut aussi conduire les gens à l’hôpital et augmenter les crises d’asthme, diminuant conséquemment la productivité. L’un des défis que l’Asie du Sud-Est a à relever, du fait de l’intense pollution de l’air qui est aggravée par les incendies de forêts, demeure celui d’attirer dans la région les compagnies internationales afin qu’elles y établissent leurs sièges sociaux.

La déforestation côtière présente des risques particuliers. La déforestation généralisée des forêts de mangroves sur les côtes indonésiennes a privé le pays de sa protection naturelle contre la mer. Des études ont montré que les forêts de mangroves peuvent réduire le déferlement d’un tsunami de près de 90%. Lors du tsunami géant de 2004, les villages qui ont abattu leurs mangroves ont souvent été balayés tandis que ceux qui les ont conservées s’en sont bien mieux tirés. Bien que la déforestation des mangroves ait été généralisée dans toute l’Asie, celle-ci a été particulièrement forte en Indonésie. On pense que ceci a joué un rôle important dans le fait que l’Indonésie s’en est bien moins tirée que ses voisins qui ont réalisé un meilleur travail de protection de leurs forêts.

L’Asie du Sud-Est étant une région du globe très vulnérable aux typhons, aux tempêtes et aux tsunamis, les forêts qui demeurent intactes fournissent une protection vitale aux populations et à l’économie ainsi que la voie vers une bien plus grande prospérité.

Glenn Hurowitz est chercheur au Centre d’études en politiques internationales.

Avec Sime Darby, vous reprendrez bien un peu d'huile de palme?

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C'est en ce moment que se déroule le prix Pinocchio organisé par les Amis de la Terre.

Les prix Pinocchio du développement durable, organisés par les Amis de la Terre - France , ont pour but d'illustrer et de dénoncer les impacts négatifs de certaines entreprises françaises, en totale contradiction avec le concept de développement durable qu'elles utilisent abondamment.

Depuis l'émergence au niveau international du concept de Responsabilité sociale et environnementale des entreprises (RSEE), notamment lors du Sommet pour la Terre de Johannesburg en 2002, ce sont les approches volontaires qui prédominent : Pacte mondial des Nations unies, principes d'Equateur des banques, principes directeur de l'OCDE, chartes éthiques, etc.

Autant d'engagements juridiquement non-contraignants, et de ce fait inefficaces : tandis que les entreprises bénéficient de retombées positives en termes d'image auprès de leurs actionnaires, de leurs clients et des citoyens, elles ne s'engagent en contrepartie que sur des grands principes généraux peu opérationnels, et ne sont pas redevables de leurs actes en cas de non-respect de ces approches volontaires. Bien que soutenues au plus haut niveau par des pouvoirs publics qui privilégient souvent la compétitivité des multinationales aux droits de l'Homme et à la protection de l'environnement), ces approches volontaires ont aujourd'hui largement prouvé leur inefficacité.

Au niveau international, les multinationales profitent de vides législatifs pour mener leurs activités au détriment du respect des droits sociaux, sociétaux, ou de l'environnement dans les pays du Sud.
Des élus et de nombreux acteurs de la société civile, dont les Amis de la Terre, réclament désormais la mise en place d'un cadre juridique contraignant au niveau international, afin d'obliger les entreprises à assumer leurs responsabilités. La mise en place d'un cadre plus strict au niveau communautaire européen, et en France, est déjà une étape intermédiaire nécessaire.

Choisissez vos Pinocchios parmi trois catégories !

Afin de dénoncer publiquement ce décalage entre les "beaux discours" d'un côté, et la réalité des actes des entreprises de l'autre, les Amis de la Terre décerneront trois prix Pinocchio , en référence naturellement à la fameuse marionnette en bois et à sa très personnelle conception de la vérité :

- Catégorie « Plus vert que vert » : prix décerné à l'entreprise ayant mené la campagne de communication la plus abusive et trompeuse au regard de ses activités réelles.
 

- Catégorie « Une pour tous, tout pour moi ! » : prix décerné à l’entreprise ayant mené la politique la plus agressive en terme d’appropriation et de surexploitation des ressources naturelles. 

- Catégorie « Mains sales, poches pleines » : prix décerné à l’entreprise ayant mené la politique la plus aboutie en terme d’opacité et de lobbying. 

Ces prix seront décernés par les internautes, sur la base de trois nominés par catégorie. Ils feront l'objet d'une cérémonie de remise publique le  jeudi 17 novembre 2011 à Mains d'Oeuvre, 1 rue Charles Garnier, St Ouen (93) : pour plus d'informations. La cérémonie s'organise dans le cadre de la Semaine de la solidarité internationale et de la campagne Une seule planète.

Dans la catégorie « Une pour tous, tout pour moi ! », se trouve Sime Darby, je vous invite donc à voter pour cette entreprise. Vous pouvez déjà en savoir plus sur cette entreprise en lisant l'article ci-dessous.

L’explosion du marché européen d’huile de palme : un business juteux pour les entreprises mais à l'origine de nombreuses plaintes des communautés locales.

Après l'Asie du Sud-Est et la Colombie, c'est désormais vers l'Afrique que se tournent les entreprises du secteur de l'huile de palme comme Sime Darby Unimills BV, filiale européenne du géant mondial malaisien Sime Darby.

La guerre civile qui a ravagé le Libéria de 1980 à 2003 a été l'une des plus sanglantes en Afrique et a profondément déstabilisé le pays. C'est pourtant dans ce contexte que le géant malaisien est en train d'acquérir près de 400 000 hectares de plantations de palmier à huile soit 4 % de la surface totale du pays.

Comme de nombreux pays qui ont connu la colonisation, au Liberia, la question foncière reste brûlante et de nombreuses communautés réclament que leurs droits à la terre soient reconnus. Dans les districts de Cape Mountain et de Bomi, où se concentrent les plantations de Sime Darby, les conflits se multiplient. 27 villages qui s'estiment spoliés par Sime Darby ont décidé de porter plainte contre l'entreprise, soutenus par l'ONG Green Advocates. Selon les Amis de la Terre Libéria, 90 % des communautés affectées par les plantations de palmiers à huile disent ne pas avoir été consultées et informées au préalable de la vente des terres à Sime Darby.

Plutôt que de remettre en cause cette politique d'expansion et les conflits qu'elle génère, Sime Darby l'assume et prévoit même d'ouvrir une usine dans le Sud de la France, à Port-la-Nouvelle (Aude) pour alimenter le marché européen en huile de palme. Il faut dire que les perspectives sont alléchantes car la consommation européenne d'huile végétale a doublé en 10 ans, portée par le développement des agrocarburants. La région Languedoc-Roussillon, propriétaire du port, préfère accueillir cette entreprise au prétexte de créer quelques emplois alors qu'elle détruit le droit à vivre dignement de milliers de personnes au Libéria. Et, bien sûr, cette huile de palme sera certifiée « durable ».

Pour en savoir plus:

 - Rapport des Amis de la Terre: "Arnaque à l'huile de palme"

 - Article de Front Page Africa

 - Collectif No Palme auquel participent les Amis de la Terre

Faire des affaires différemment dans un monde aux ressources limitées

( Source : TheJakartaPost.com, 24/10/2011 )

Alors que son économie continue de s’améliorer, l’Indonésie – abritant la quatrième plus grande population du monde avec 240 millions d’âmes- va, prochainement, être un marché lucratif pour les biens de consommation rapide (ndlr : produits qui ont un chiffre d'affaires rapide, et à prix réduit). Selon Nielsen, l’année dernière, les ventes de ces biens dépassaient  les 9.81 milliards d’€, soit 11% d’augmentation par rapport à 2009.

Le géant Unilever, qui est présent dans le pays depuis près de 80 ans, a lancé, il y a moins d’un mois, son plan d’investissement de 64.5 millions d’€ - sur un total de 394.4 millions d’€ alloués au marché indonésien durant l’année 2012 – pour étendre les équipements de sa production de produits de beauté et de crème glacée afin d’intégrer totalement le marché grandissant de l’Indonésie.

A cette même date, le PDG d’Unilever Paul Polman, parlait à des centaines d’étudiants de l’Université d’Indonésie située à Depok, à l’ouest de Java, à propos du business durable dans un monde aux ressources limitées.

Durant la conférence publique, Polman partageait la stratégie de l’entreprise pour doubler son chiffre d’affaire – celui-ci ayant généré l’année dernière près de 28.6 milliards d’€ de revenu – et cela couplé à une réduction de son impact sur les ressources.

Il proposait un nouveau modèle de business durable qu’il faudra nécessairement appliquer pour « en finir avec l’âge de l’abondance ». Ce modèle contient différents éléments clés : partage des valeurs, perspectives à long terme, partenariat, transparence et responsabilisation des acteurs le long de la chaîne de valorisation (ndlr : activités tout le long de la chaîne de transformation qui ajoute de la valeur au produit).

Linda Yulisman du Jakarta Post s’est entretenue avec Polman à propos de ces sujets en même temps que d’autres problèmes relatifs. Voici quelques extraits de l’interview.

Bientôt, vous aurez accès à la traduction de l'interview. En attendant voici l'original en anglais:

Question: Can you explain how you apply the concept of shared values, especially in the context of Indonesia?

Let’s take a specific example of our product, Kecap Bango. What it means is that obviously you have to sell a good product that consumers like, so that (consumers) can make their eating experience better as well as buy it at a good price.

But for us it also means that we work in Java with 7,000 small holder farmers to produce the beans. We work with them to teach them how to improve their yields so that they have higher incomes. We have 3,000 women among those farmers who can improve their communities as we make our products. That is the shared value.

We want to produce it sustainably so that we don’t deplete the soil. We want to provide livelihoods. We want to produce the products and then, by selling the products, our company grows and we can provide employment and generate the farms to help the farmers and the communities so they can work better and as they grow, we grow. Together, we build a long relationship like a family that makes us more successful.

That is a very simple way of explaining the concept of shared value. If I was just concerned about the short-term profit, why would I invest in soil education, in building schools, in sustainable farming? Then I could be very profitable in the short-term, but I wouldn’t be thinking about the community in long-term.

Besides new investments, do you have any plans to launch new products or make acquisitions?

Indonesia’s Unilever has just launched a water filtration system called Pureit, which does not need electricity. Currently, in Indonesia, when you don’t have drinkable water, you either boil it or you have to buy the big jars. It costs a lot of money or energy.

You can put water through Pureit to make it drinkable or to use for cooking. The issue of water is going to be a big issue in many places in the world. There’s a shortage of accessible drinking water, especially in the places of the world where the population is growing.

It is a shared value model. It’s not just for business. So, for example, think about when inventors invented the mobile phone. Pureit is the mobile phone of drinking water. It’s a total revolution and it is very accessible, even for people at the lower level of the economic environment.

Last year, you halted a palm oil purchase with Indonesia’s major palm oil producer, Sinar Mas, and now you are reportedly in talks with the firm about your plan to buy palm oil again. Could you explain more about that?

On the global level, palm oil is a very important ingredient and the demands for palm oil will grow as it is used in many products such as soaps and detergents, including our own Rinso, Dove and Lifebuoy, as well as in food products.

As the world grows along with the population and the standards of living, the demand for palm oil will increase and so will the demand for beef or for soy. It is important that the sourcing is done in a sustainable way and the whole world agrees with that.

We have issues of climate change, and that’s why the Indonesian government called for a two-year moratorium on deforestation and to convert farming to sustainable farming.

The world has created an industry body comprising suppliers, manufacturers and others called the Roundtable on Sustainable Palm Oil (RSPO), and there are standards for responsible palm oil production.

We buy from any company that is a member of the RSPO and fulfills those criteria, as it is a responsible producer.

It doesn’t matter to us to buy from the company you mentioned or any other company. If the company fulfills those standards, that is good.

That’s why it is important for Indonesia to belong to an institution with international standards, because that shows credibility in the world. Then you will become competitive and grow your economy. To just create your own standards for producers is not the best solution. And for palm oil specifically, there is the RSPO — the most important body that we and many others support and base our purchase decisions on.

Does this mean you will buy palm oil from Sinar Mas?

We buy from any company that fulfills the standards of the RSPO, and that’s why it was created. That’s not only manufacturers. It is also producers and NGOs, and its standards are acceptable for everybody. That’s why it is so good and powerful. It’s a shared value, the standard, and it’s also very important for Indonesia to meet the requirements of that standard.

Nestlé prévoît l'investissement de 200 millions de $ dans le cacao

( Source: thejakartapost.com, 7 octobre 2011 )

Le géant Nestlé basé en Suisse prévoit d'investir 200 millions de dollars dans une plantation de cacao en Indonésie, parce que l’entreprise croit que l'industrie du cacao offre encore des perspectives prometteuses pour les années à venir. Le Président de l'Association Indonésienne du Cacao (Askindo), Zulhefi Sikumbang, a déclaré que le gouvernement devrait appuyer l’investissement, car c’est une importante source d’emplois. « Nous sommes optimistes quant au développement de l’industrie du cacao car les investisseurs étrangers montre un intérêt grandissant dans cette industrie et cela aidera un secteur de plus en plus dans l’impasse, » a déclaré Zulhefi, cité par Antara News. Il a ajouté que Nestlé avait déjà établi une usine de cacao en Malaisie, mais, étant donné les résultats décevant du marché, la firme a envisagé un plan d’expansion.  L'industrie indonésienne du cacao a diminué significativement ; la production a baissé de plus de 50% parce que, notamment, de nombreux agriculteurs cultivant des cacaoyers, avaient recentré leurs entreprises sur le caoutchouc et l’huile de palme.  La consommation intérieure de cacao indonésienne est maintenant 200 000 tonnes par an tandis que la capacité de production n’est que de 170 000 tonnes.

[ce que j'en pense: L’Indonésie souhaite donc augmenter sa production afin de subvenir à ses besoins et alléger le poids de l’importation. Quant à Nestlé, il ressent la pression exercée par les consommateurs quant à un besoin de transparence. L'huile de palme étant dorénavant un véritable problème éthique dans les grands groupes industriels de l'agro-alimentaire. Les IAA cherchent sans cesse des alternatives aussi valables, au niveau économique et organileptique par exemple.]

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Un projet secret de barrages menace les Penans

Un document confidentiel publié par erreur sur internet a révélé un important projet de construction d’une série de barrages hydroélectriques dans l'Etat du Sarawak, en Malaisie, qui engloutirait les villages d'au moins mille Penan, Kelabit et Kenyah.

Le document, émanant de la direction de la compagnie Sarawak Energy Berhad qui contrôle la production et la distribution de l'électricité dans l'Etat, indique la localisation de 12 projets hydroélectriques qui devraient être construits d'ici à 2020.

Les barrages submergeraient plusieurs villages des peuples penan, kelabit et kenyah et provoqueraient le déplacement d'un millier de personnes. L’un d’entre eux engloutirait également une partie du parc national de Mulu, inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO.

Les barrages produiraient beaucoup plus d'énergie que le Sarawak ne peut en consommer.

Les Penan luttent depuis 20 ans contre l’abattage de leurs forêts par les compagnies d’exploitation forestière – dont le géant malaisien Samling – qui, avec l'appui du gouvernement malaisien, ont déjà détruit une grande partie de leur territoire.

Les Penan sont des chasseurs-cueilleurs nomades. Beaucoup d'entre eux sont désormais sédentarisés, mais dépendent encore étroitement des ressources de la forêt. Environ 300 mènent toujours une vie complètement nomade.

Le document de Sarawak Energy Berhad avait été posté sur un site internet chinois et a depuis été supprimé mais vous pouvez le télécharger ici (en anglais).

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L'huile de palme, un manque à gagner pour l'Indonésie.

( Source: zonebourse.com, © revue du web Commodesk 2011, 10 octobre 2011)
 
 
Si l'Indonésie protégeait mieux ses forêts tropicales, elle pourrait générer des milliards de dollars de revenus supplémentaires. Mais si elle continue de les abattre et de les transformer en plantations de palmiers à huile, elle divisera ses dividendes par trois, révèle un nouveau rapport du Programme des Nations unies pour l'Environnement (PNUE), daté de fin septembre et commandé par les autorités indonésiennes.

La plupart des zones côtières de Sumatra, constituées de tourbières et de forêts, valent actuellement plus de 22.000 dollars l'hectare, au prix actuel du carbone. Une fois défrichées et utilisées pour la production d'huile de palme, elles ne vaudraient plus que 7.400 dollars l'hectare. Entre 1985 et 2007, près de la moitié des forêts de Sumatra ont disparu.

L'Indonésie se situe dans le top 5 des mauvais élèves au niveau international : entre 2005 et 2010, le pays a connu une forte accélération de son taux de déforestation. Le déboisement mondial est responsable de près de 18% des gaz à effet de serre (l'équivalent de six gigatonnes (Gt) de CO2), selon les estimations actuelles, soit plus que l'ensemble du secteur des transports et un peu moins seulement que la filière énergie.

En 2009/2010, l'Indonésie concentrait 47% de la production mondiale d'huile de palme, dont le rendement à l'hectare est nettement supérieur aux autres oléagineux. Et la demande mondiale est en constante augmentation.

Parallèlement à la publication de ce rapport, l'Indonésie a commencé à mettre en œuvre de nouvelles techniques de gestion des forêts : réduction des émissions liées au déboisement et investissements pour une gouvernance durable et à long terme. Un pas important, à l'approche de la Conférence mondiale des Nations unies sur le développement durable, en juin 2012.

Fin des hostilités entre Sinar Mas et Nestlé

( Source: TheJakartaPost, 17 Septembre 2011 )

Nestlé Indonésie a repris ses contrats d'achat d'huile de palme brute (CPO pour Crude Palm Oil) avec PT SMART (Groupe Sinar Mas) près d'un an après une rupture unilatérale du contrat en raison de problèmes environnementaux.

Le porte-parole de Nestlé Brata t. Hardjosubroto a déclaré, à Jakarta, le vendredi 16 septembre 2011, que la compagnie avait renouvelé le contrat dans le courant de la semaine après avoir appris que SMART n’était plus impliqué dans la destruction des forêts.

Nestlé avait rompu son contrat d'achat de CPO avec le groupe Sinar Mas début 2010, après de nombreuses protestations de militants de Greenpeace. L’ONG avait alors déclaré que la compagnie avait causé la destruction massive des forêts dans le but d’accroître la taille de ses plantations de palmiers à huile.

Plus tard, l'ONG a exhorté Nestlé de cesser d'acheter à Sinar Mas de la CPO. « Notre enquête avec notre partenaire, The Forest Trust [TFT], depuis plusieurs mois, montre que Sinar Mas a fait des efforts dans le suivi des directives concernant la traçabilité, » a confié Brata au Jakarta Post, par téléphone vendredi.

En mai 2010, plusieurs mois après la résiliation du contrat, Nestlé s’était associé avec l’ONG internationale The Forest Trust afin de mettre en place la traçabilité (RSG pour responsible sourcing guidelines) comme ligne directrice dans les achats de CPO auprès d’entreprises comme Sinar Mas afin d’appuyer avec fermeté sur la nécessité d’une culture « durable » d’huile de palme.

Le président-directeur de PT SMART Daud Dharsono a exprimé son large enthousiasme sur le renouvellement du contrat. « Nous sommes heureux que Nestlé reconnaît nos efforts sur la conservation des forêts, » a dit Daud au Jakarta Post. Il a ajouté que TFT voudrait aussi évaluer de plus amples parcelles de plantations de palmiers à huile. « C'est pour s'assurer que la CPO vendue à Nestlé rempli bien la RSG (ndlr : directives sur les sources responsables mises en place pour plus de traçabilité) », ajoute-t-il. Selon Brata, Golden Agri Ressources (GAR), une filiale du groupe Sinar Mas avait également collaboré avec The Forest Trust. "Les évaluations de TFT au niveau de cette filiale ont été menées durant ces derniers mois. Ils ont montré que la compagnie a réalisé des progrès constants. Ils ont même une politique de conservation appliquée à l'ensemble de leurs plantations."

Nestlé a également commandé de l’huile de palme brute à l'usine de GAR. Mais, l’entreprise a refusé de dire combien CPO avait ordonné à la société. D’autre part, Thazard Mistry, directeur de Godrej International Ltd., a estimé que le prix de l'huile de palme pourrait remonter l'an prochain; en effet, la demande future en biocarburants entraverai l’approvisionnement en huile de soja et cela en plus d'un renversement potentiel de politique monétaire en Chine et en Inde qui pourrait stimuler la demande. Le prix en Malaisie verra une reprise progressive après novembre pour atteindre 4 000 ringgit (US$ 1 296 ou un peu moins de 1000€) par tonne métrique au deuxième trimestre de 2012, dit Mistry en se référant à des rapports de Bloomberg. Il a confirmé une prévision qu'il avait fait en juillet. Les prix touchent le fond à environ 2 800 ringgit la tonne ce mois-ci, dit-il. La dernière marchandise échangée est en dessous de 2 800 ringgit en octobre 2010 et s'est terminée à 3 078 ringgit il y a quelques semaines.

Le marché est aujourd'hui fermé. « La Chine et l'Inde ont augmenté les taux d'intérêt et ont resserrer les subventions afin de lutter contre l'inflation alimentaire dans leurs marchés nationaux, Et pourtant nous avons vu ces prix élevés, » d'après Mistry, lors d'une conférence organisée par Goldman Sachs Group Inc., à Singapour. "Que se passera-t-il lorsque les banques centrales de Chine et d'Inde auront une approche plus normale et laisseront tomber les taux d'intérêt ? C'est pourquoi je reste optimiste sur les prix des céréales, des oléagineux et des huiles végétales pour 2012. La Chine a 5 fois réhaussé les taux d'intérêt durant l'année dernière, et l'Inde a aujourd'hui augmenté ces taux pour la 12e fois depuis le début de l'année 2010 notamment en ce qui concerne les produits alimentaires. Pour les prix alimentaires mondiaux, ils ont été à un niveau historiquement élevé cette année: puis ils sont retombés en août, réduisant les coûts pour la cuisson des huiles et des produits laitiers.

En savoir plus:

- Document du WWF datant de Juin 2007 (en anglais): >>

- Document en anglais: "SMART receives RSPO Certification". >>

- Article du Jakarta Post: "Nestle Buys Palm Oil Promises of  Sinar Mas". >>

 

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