Huile de palme : la bataille rebondit sur le sol français

31/03/11 | 03:00 | mis à jour à 16:52 | Julie Chauveau pour Les Echos
 

Le projet d'usine d'huile de palme en France a fait rebondir la polémique sur cet ingrédient.  Certains choisissent de s'en passer ; d'autres tentent d'améliorer les pratiques.

 Depuis quelque temps, une nouvelle mention a fait irruption sur les emballages de poisson congelé, de pain de mie ou de chips : « Ne contient pas d'huile de palme. » Findus, McCain, les chips et produits apéritifs PepsiCo, mais aussi le groupe de restauration collective Compas, ont choisi de ne plus utiliser cet ingrédient dans tout ou partie de leurs produits. Et de le faire savoir au consommateur. A première vue, cette huile végétale a pourtant tout pour plaire. Issue du broyage de la graine du palmier, elle a la particularité de se solidifier à température ambiante, ce qui facilite son utilisation lors du processus industriel. Lors de la cuisson, elle est plus stable que le colza ou le tournesol, ne nécessite pas de grande surveillance à la cuisson, donne du croustillant aux aliments, évite qu'ils aient l'air gras, et, de surcroît, ne contient pas les fameux acides gras trans, les plus nocifs pour la santé. Enfin, son rendement exceptionnel entre quatre et huit tonnes à l'hectare, supérieur à celui du colza ou du soja, en fait un produit moins cher à l'achat. Problème : cette matière grasse végétale est produite en Malaisie et en Indonésie, hauts lieux de la déforestation.

Cercle vicieux

Les défenseurs de la nature décrivent un cercle vicieux : couper le bois finance une partie de la plantation des jeunes palmiers et les sols défrichés sont plus fertiles que ceux des terres déjà dégradées. Moment phare de la prise de conscience, une campagne de Greenpeace montrait en 2010 un consommateur mordant dans ce qu'elle pensait être un KitKat. En fait, le doigt d'un orang-outan, avant qu'il ne se mette à dégouliner de sang. Ces dernières semaines, en France, la polémique a rebondi avec l'annonce d'un projet d'implantation dans l'Aude d'une usine de stockage et de traitement. La chambre de commerce salue un investissement de 120 millions d'euros et met en avant l'appartenance de l'industriel malais, un des plus importants, à la table ronde pour l'huile de palme durable (RSPO), qui regroupe industriels, distributeurs, représentants de la société civile.

Car si PepsiCo Europe a choisi de cesser totalement de s'approvisionner en huile de palme, ce qui lui a pris trois ans de travail acharné et plusieurs millions d'euros de dépenses, une partie des industriels comme Unilever ou Kraft Food disent vouloir améliorer les pratiques. Les 400 membres de la RSPO peuvent participer à un système d'encouragement à une production plus durable via la vente de certificats (GreenPalm). Selon cet organisme : « A travers la vente de certificats, GreenPalm verse directement une prime aux producteurs d'huile de palme qui travaillent selon des méthodes éthiques et responsables. »

Gouvernance dominée

Les critiques, eux, pointent du doigt une gouvernance trop dominée par l'industrie et dénoncent le fait que, pour répondre à la demande, il se vend sur le marché un mélange d'huiles certifiées et non certifiées.

 J. CH.

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