Nestlé prévoît l'investissement de 200 millions de $ dans le cacao

( Source: thejakartapost.com, 7 octobre 2011 )

Le géant Nestlé basé en Suisse prévoit d'investir 200 millions de dollars dans une plantation de cacao en Indonésie, parce que l’entreprise croit que l'industrie du cacao offre encore des perspectives prometteuses pour les années à venir. Le Président de l'Association Indonésienne du Cacao (Askindo), Zulhefi Sikumbang, a déclaré que le gouvernement devrait appuyer l’investissement, car c’est une importante source d’emplois. « Nous sommes optimistes quant au développement de l’industrie du cacao car les investisseurs étrangers montre un intérêt grandissant dans cette industrie et cela aidera un secteur de plus en plus dans l’impasse, » a déclaré Zulhefi, cité par Antara News. Il a ajouté que Nestlé avait déjà établi une usine de cacao en Malaisie, mais, étant donné les résultats décevant du marché, la firme a envisagé un plan d’expansion.  L'industrie indonésienne du cacao a diminué significativement ; la production a baissé de plus de 50% parce que, notamment, de nombreux agriculteurs cultivant des cacaoyers, avaient recentré leurs entreprises sur le caoutchouc et l’huile de palme.  La consommation intérieure de cacao indonésienne est maintenant 200 000 tonnes par an tandis que la capacité de production n’est que de 170 000 tonnes.

[ce que j'en pense: L’Indonésie souhaite donc augmenter sa production afin de subvenir à ses besoins et alléger le poids de l’importation. Quant à Nestlé, il ressent la pression exercée par les consommateurs quant à un besoin de transparence. L'huile de palme étant dorénavant un véritable problème éthique dans les grands groupes industriels de l'agro-alimentaire. Les IAA cherchent sans cesse des alternatives aussi valables, au niveau économique et organileptique par exemple.]

Le 1er producteur de cacao dans le monde est la Côte d'Ivoire(plus de 1 300 000 tonnes). L'Indonésie se place en 3ème position (plus de 360 000 tonnes), juste devant le Brésil et derrière le Ghana. 

Graphique: Production de cacao en milliers de tonnes - principaux producteurs 2000  -Monde

Près de 90% de la production de cacao provient de petites exploitations familiales. Elles ont à leur tête un exploitant ou une famille entière et leur superficie est généralement comprise entre 5 hectares et 12,25 acres. On estime à 14 millions le nombre de personnes employées dans le secteur du cacao à l’échelle mondiale, dont 3,2 millions pour le seul Ghana, qui se classe juste derrière la Côte d’Ivoire.

Télécharger un document sur le cacao: >> (Présentation de la filière CEDEAO CSAO/OCDE 2007)

Les champs du cacao: un défi de compétitivité Afrique-Asie 

 

Par Ellen Hanak Freud,Philippe Petithuguenin,Jacques Richard

Il faut sauver le chocolat - LeMonde.fr

Menace sur le chocolat : le risque est de voir les industriels privilégier la quantité de cacao à la qualité des fèves.

Menace sur le chocolat : le risque est de voir les industriels privilégier la quantité de cacao à la qualité des fèves.D.R.

 Alors que le 17e Salon du chocolat va célébrer le talent des pâtissiers et leurs capacités à développer les arômes soutenus par les notes à la fois amères et délicatement sucrées qui enchantent tous les amateurs de Theobroma cacao, le chocolat est menacé.

En 2003, la puissante industrie chocolatière avait obtenu qu'une directive européenne autorise l'ajout de matières grasses végétales (dont l'huile de palme) au beurre de cacao dans la production du chocolat alimentaire. Aujourd'hui, l'affaire est autrement plus sérieuse. Explication...

Plante d'ombre à feuilles persistantes, le cacaoyer aime les sols profonds, riches en humus, que lui offre la forêt tropicale. C'est un arbre de 4 m à 5 m de hauteur de la famille des stéruliacées qui produit des baies ovoïdes, les cabosses, dont les graines violacées fournissent le cacao.

Aujourd'hui, 95 % de la culture des cacaoyers est assurée par une agriculture familiale paysanne vivant sur des plantations de un à trois hectares, rarement plus, en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie. Il existe trois variétés de cacaoyers : le criollo qui produit un cacao fin et délicat ; le forastero - c'est le gros de la troupe (90 % de la production mondiale) et le plus rustique - ; ainsi qu'un hybride des deux précédents, le trinitario dont les fèves, les plus aromatiques, sont très prisées.

Le forastero nacional, produit en Equateur, est un des plus recherchés. Au cours du XXe siècle, la production de cacao, soumise à une demande croissante, a été multipliée par 25. Or, le succès du chocolat, paradoxalement, pourrait aussi bien conduire à sa perte.

En Equateur où les grandes plantations de cacaoyers datent souvent de l'après-guerre, les arbres sont vieillissants et leur production en déclin. Les arracher, comme les vieux cépages dans un vignoble, c'est accepter d'attendre sept ou huit ans que la nouvelle plantation soit en état de produire les cabosses et leurs précieuses pépites.

Dans les années 1970, un chercheur en arboriculture avait obtenu un hybride de cacaoyer particulièrement précoce, résistant et productif, baptisé CCN 51 ou Don Homero, du nom de son inventeur, Homère U. Castro.

Après le bouleversement climatique d'El Nino en 1995-1996, qui a détruit une grande partie des cacaoyers du Pérou et de l'Equateur, cet hybride a été planté, dès 1997, et a donné des résultats spectaculaires. Non seulement il est productif après deux années seulement, mais la quantité de cabosses est environ quatre fois supérieure à celles produites par l'ancienne variété.

Déjà 35 % des anciennes plantations ont été remplacées en Equateur, selon André Deberdt, spécialiste en agriculture biologique, créateur de la marque Kaoka. L'Indonésie aussi s'emploie activement à utiliser cet hybride miracle. "Le problème, dit Pierre Marcolini, chocolatier à Bruxelles, est que cette nouvelle race aux cabosses séduisantes ne possède aucun des arômes qui font un grand cru de chocolat." Le risque développé dans un dossier de YAM-Le magazine des chefs (nº 5-octobre 2011) est de voir les industriels privilégier la quantité de cacao à la qualité des fèves, et s'accentuer le clivage entre une production de masse médiocre et une production de niche de qualité déjà constaté après la directive de 2003.

Là n'est pas la seule conséquence de la prolifération du CCN 51. Ce nouveau cacaoyer est très résistant, il n'a cure de la pénombre procurée par les arbres centenaires de la forêt tropicale. Il pousse en plein soleil. On procède donc pour le replanter à une déforestation massive. Et déjà, de nouvelles maladies apparaissent qui appellent des traitements chimiques que les cacaoyers ignoraient jusque-là.

Pierre Marcolini estime être à l'abri du prévisible abaissement de la qualité des fèves, car il est avec Pralus, Bonnat, Valrhona en France, l'un des rares à sélectionner les fèves sur place, mais la production de masse risque fort d'en faire les frais.


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