Le palmier à huile: présentation

( Sources: Cirad, Université de Sherbrooke Perspectives Monde )

Le palmier à huile (Elaeis guineensis) est un arbre qui est cultivé pour ses fruits dans une vingtaine de pays du monde.

 

Botanique

Le palmier à huile ou Elaeis guineensis

Le nom scientifique du palmier à huile, Elaeis guineensis vient du grec ancien elaia qui signifie olive, en raison de ses fruits riches en huile. Cet élégant palmier, originaire d’Afrique intertropicale humide, est un lointain parent du cocotier.

Les feuilles ou palmes entourent et protégent le bourgeon végétatif. De nouvelles feuilles sont émises en continu au centre de la couronne alors que les plus vieilles sont élaguées ou se dessèchent. Elles mesurent de 6 à 9 mètres et comptent plus de 300 folioles lamelliformes disposées sur plusieurs plans. La base de la feuille, ou pétiole, est bordée d’épines acérées.

Le stipe , de diamètre constant et non ramifié, présente les sections losangiques des feuilles qui ont été coupées, disposées en spirales.

Les fleurs sont réunies en inflorescences, les unes mâles, les autres femelles, qui apparaissent à l’aisselle de chaque palme, excepté en cas d’avortement précoce.

Les fruits , très riches en huile, sont des drupes ovoïdes, charnues, réunies en « régimes » pouvant peser de 1 à 60 kilos. A l’âge adulte, un régime mûr pèse en moyenne 15 à 25 kilos et porte environ 1 500 fruits.

Les fruits présentent une peau lisse protégeant une pulpe huileuse et fibreuse, elle-même recouvrant une coque noire très dure. Cette coque, percée de 3 pores germinatifs, protège une amande ovoïde pleine appelée « palmiste ». L’ensemble coque et amande constitue la graine du palmier. L’amande présente en son pourtour 1 à 3 embryons très petits qui, en se nourrissant à ses dépens après germination, donneront 1 à 3 plantules.

Le palmier produit deux huiles différentes simultanément :

  • ·l’huile de palme rouge issue de la pulpe de couleur jaune orangée, qui renferme environ 50 % d’huile,
  • ·l’huile de palmiste issue de l’amande ou palmiste, de couleur ivoire, qui contient environ 50 % d’huile de palmiste, proche de l’huile de coco.

Les 3 principaux types de palmier à huile se distinguent par l’épaisseur de la coque de leurs fruits :

  • ·Le type dura est caractérisé par sa coque épaisse
  • ·Le type pisifera est reconnaissable par son absence de coque ; mais ce palmier est stérile femelle, ne produisant des fruits que très exceptionnellement
  • ·Le type tenera , hybride des deux précédents, caractérisé par sa coque mince.

Pollinisation
C’est la pollinisation d’une inflorescence d’un palmier dura par du pollen d’un palmier pisifera qui donne 100 % de semences de l’hybride tenera , utilisées dans toutes les plantations aujourd’hui.

Pigmentation
On différencie aussi les types par la pigmentation des fruits :
Le type nigrescens , le plus courant, est noir puis brun rouge à maturité.
Le type virescens , vert avant maturité, devient orange.
Le type albescens dont la pulpe ne contient pas de caroténoïdes.

Hybride
Originaire d’Amérique latine, Elaeis oleifera est une espèce voisine d’Elaeis guineensis . Croisé avec son cousin africain, ce palmier donne un hybride interspécifique à croissance en hauteur lente, résistant à certaines maladies. Sa production d’huile est en cours d'amélioration. Son huile très rouge est d'excellente qualité et se rapproche par sa composition de l’huile d’olive.

Culture, récolte, maladies

Le palmier à huile, un peu d'histoire 
Le palmier à huile est originaire de l’Afrique intertropicale (golfe de Guinée). De tous temps ce palmier a été exploité en économie de cueillette, pour l’alimentation locale dans les pays d’Afrique. Il est arrivé en Amérique du Sud au XVIe siècle, apporté par les populations africaines destinées à l’esclavage. Ce n’est qu’en 1911 que débutent les premières plantations à Sumatra, avec les Hollandais, puis en Malaisie, avec les Anglais, pour prendre leur essor à partir des années 60.

Semences et plantations
Les meilleures productions sont obtenues sur des sols profonds. Elles nécessitent 2 000 heures d’ensoleillement annuel, plus de 1 800 mm de pluie bien répartie toute l’année, des températures moyennes de 28°C, des températures minimales supérieures à 20°C et une hygrométrie supérieure à 60 %.
Qu’elles soient familiales ou agro-industrielles les plantations doivent se fournir en semences sélectionnées auprès d’institutions agréées : pour planter un hectare avec 143 palmiers, il faut commander 200 graines germées.
La fertilisation représente une charge importante dans les coûts d’exploitation, mais elle est indispensable pour optimiser les productions et maintenir la fertilité des plantations.
L’association avec des cultures vivrières est souvent pratiquée en exploitation familiale pendant les 2 à 3 premières années improductives du palmier, lorsque leur encombrement est encore faible : maïs, manioc, bananier plantain, igname, riz, arachide, gombo, piment…

Une récolte manuelle permanente
Après 1 an de pépinière et 3 ans de croissance végétative, la récolte peut commencer. En augmentation jusqu’à l’âge de 8 ans, la production se stabilise ensuite, puis décline après 20 ans de culture.
La récolte est réalisée tous les 10 à 15 jours . Du fait de cette grande fréquence, la mécanisation n’a jamais réussi à s’imposer ni techniquement, ni économiquement. Le récolteur, équipé de son outil, observe chaque palmier afin de détecter les régimes mûrs, les couper et les sortir de la parcelle en même temps que les fruits détachés.
Les régimes doivent être récoltés à bonne maturité, lorsque les premiers fruits se décrochent spontanément : la synthèse de l’huile est alors achevée et la quantité d’huile maximale. Les régimes sont ensuite acheminés à l’huilerie.
Tant que les régimes sont à hauteur de récolteur, ils sont coupés avec un ciseau de récolte ou une machette. Dès que les régimes apparaissent plus hauts, on utilise une faucille (outil recourbé et tranchant) fixée à l’extrémité d’une perche en bambou ou en aluminium et, pour les arbres de plus de 8 mètres de hauteur, des rallonges.
Ce n’est pas le déclin de la production qui oblige à replanter vers 25 ans, mais la grande difficulté de récolte de palmiers de plus de 12 mètres de hauteur.

Maladies et ravageurs
Le palmier à huile compte de nombreux ravageurs et maladies qui peuvent avoir des conséquences graves sur la croissance et la production de la plante :

  • ·Les rongeurs (rats, agoutis…), porcs-épics et sangliers s’attaquent aux très jeunes palmiers en dévorant le bourgeon terminal.
  • ·Les insectes Limacodidae (chenilles très colorées et fortement urticantes) provoquent des défoliations entraînant des baisses de production.
  • ·En Afrique, la fusariose du palmier à huile sévit particulièrement.
  • ·En Asie du Sud-Est, la pourriture basale du stipe à Ganoderma , a une incidence croissante en replantation.
  • ·En Amérique latine, la pourriture du cœur du palmier à huile est responsable de pertes importantes ; des plantations entières ont ainsi été ravagées en Colombie, au Brésil, au Surinam et en Equateur.

L’ Oryctes spp., gros coléoptère Scarabaeidae , s’attaque au palmier la nuit, dès la plantation. Il creuse une galerie au niveau du bourgeon terminal et la nouvelle feuille émise présente une découpe en arête de poisson. La multiplication des gîtes larvaires, constitués par les stipes en décomposition des palmiers abattus pour la replantation, favorise l’augmentation des populations du ravageur en Afrique, en Asie et dans le Pacifique. Les dégâts peuvent être considérables (mortalité ou retard de croissance) dans une jeune plantation si une lutte intégrée n’est pas appliquée.

Transformation

Le palmier à huile, premier corps gras végétal au monde

L’exploitation de l’huile et des amandes du palmier Elaeis remonte à la nuit des temps dans les régions du pourtour du golfe de Guinée.
Ainsi, le palmier à huile, premier fournisseur de corps gras végétal de la planète devant le soja, est cultivé pour ses deux huiles comestibles :
- l’huile de palme rouge , extraite de la pulpe du fruit : 18 à 26 % du poids frais de régimes,
- l’huile de palmiste , extraite de l’amande du fruit : 3 à 6 % du poids frais de régimes

L’extraction de l’huile de palme
Elle se fait, sur les lieux mêmes de production, dans les 48 heures qui suivent la récolte, après cuisson des régimes (stérilisation), égrappage puis pressage des fruits et décantation. Les huileries modernes sont de grande capacité (20 à 120 tonnes de régimes frais par heure) tandis que les huileries artisanales, seulement en Afrique, traitent moins de une tonne par heure, sinon par jour. L’huile brute obtenue est d’une belle couleur rouge, due à la présence de caroténoïdes.

L’huile de palme est utilisée
- à 80 % pour l’alimentation humaine : margarine, matière grasse végétale de base, huile alimentaire, huile de friture et graisses spécialisées …
- pour la fabrication de dérivés à usages industriels : acides gras, savons et cosmétiques, savons industriels, encres, résines, esters méthyliques, aliments pour animaux (tourteau)…

L’industrie agroalimentaire est grande consommatrice d’huile de palme et de ses dérivés. L’huile de palme rouge doit alors être raffinée, blanchie et désodorisée, puis séparée en ses différents composants.
Les nombreux produits obtenus permettent de fabriquer des huiles de table, des margarines, des substituts de beurre. Ces matières grasses entrent dans la composition de pâtisseries industrielles, produits de chocolaterie, confiseries, glaces et même substituts de repas à visée diététique.
Bien souvent ces produits sont fabriqués avec des mélanges d’huiles végétales (palme, soja, colza, tournesol), les unes pouvant se substituer aux autres en fonction de leurs prix relatifs.
Dans de nombreux pays d’Afrique, l’huile de palme sert traditionnellement d’huile de cuisson. Consommée à l’état brut, c’est une composante incontournable de la préparation de nombreux mets africains.
L’huile produite, en Amérique latine, à partir de l’hybride interspécifique E. guineensis x E. oleifera , plus riche en acides gras insaturés et en caroténoïdes que l’huile de palme standard, est considérée comme un équivalent tropical des huiles d’olive.

Des propriétés spécifiques et une qualité nutritionnelle irréprochable
L’huile de palme se comporte comme les huiles de maïs, tournesol, soja ou colza, riches en acides gras essentiels. Le raffinage n’affecte que peu sa teneur en anti-oxydants (tocophérols et tocotriénols).
A l’état brut, sa forte teneur en caroténoïdes accroît le taux de vitamine A du sang d’où son effet préventif sur certaines maladies des yeux.
Des études ont montré l’effet positif d’une alimentation à base d’huile de palme sur les maladies cardiovasculaires et sur la survenue de certains cancers.
Résistante aux hautes températures, elle est prioritairement utilisée dans les bains de friture.

A propos de l’huile de palmiste
L’huile de palmiste fait partie des huiles lauriques, au même titre que l’huile de coco (39 à 54 % d’acide gras laurique) avec laquelle elle se partage les mêmes marchés.
Dans les huileries de palme, après pressage et extraction de l’huile de palme, les coques de noix sont cassées, les amandes récupérées et séchées. Elles sont ensuite acheminées vers de grandes unités de trituration de graines pour l’extraction de l’huile de palmiste (50 % du poids sec d’amande de palmiste).
Cette huile représente 8-10 % de la production d’huile de palme, soit un appoint appréciable dans le bilan économique de cette filière.
Les débouchés de l’huile de palmiste sont nombreux : huile de cuisson en mélange avec d’autres huiles végétales, margarine, savonnerie et cosmétique, oléochimie.

Les sous-produits des huileries de palme
Les rafles, les fibres de la pulpe, les effluents liquides et solides, les tourteaux ont de nombreuses valorisations possibles.
- Bioénergie : les fibres sont brûlées dans des chaudières spéciales qui produisent de la vapeur d’eau sous pression pour la stérilisation des régimes et la fabrication de l’énergie électrique nécessaire au fonctionnement de l’usine. Les huileries de palme sont autosuffisantes en énergie et contribuent à l’électrification des villages voisins. La fermentation des effluents d’huilerie produit du gaz méthane utilisable pour le fonctionnement de groupes électrogènes ou de motopompes.
- Amendements : les rafles, riches en matière organique et éléments fertilisants sont retournées dans les palmeraies en l’état ou après compostage réduisant d’autant les besoins d’engrais chimiques dans la plantation.
- Aliments pour le bétail : ils sont fabriqués à partir du tourteau de palmiste et des effluents.

Les autres usages du palmier à huile
Outre le fruit, d’autres parties sont fréquemment utilisées : en Afrique, la sève fermentée (vin de palme et alcools de palme), le cœur (chou palmiste), le stipe (ébénisterie), les palmes (toitures)…
L’huile de palme peut être utilisée comme carburant dans les moteurs diesels, soit à partir de l’huile pure, dans des utilisations « de niche » ; soit après transformation en esther méthylique, mélangé au gazole.

Préserver l'environnement

Impacts agri-environnementaux du palmier à huile. Des indicateurs pour les estimer

Un nombre croissant d’organisations non-gouvernementales mettent en cause les systèmes actuels de développement du palmier à huile, accusés d’être responsables d’une dégradation des ressources naturelles et de problèmes environnementaux. Cela a conduit, depuis 2003, à la constitution d’une table ronde pour la production durable d’huile de palme réunissant les différents acteurs de la filière, à laquelle participe le Cirad. La démarche s’appuie sur la définition de principes et critères pour une production durable et sur l’utilisation d’un guide de bonnes pratiques. Ces orientations, pour être efficaces, doivent être accompagnées d’indicateurs qualitatifs et quantitatifs précis.
Pour en savoir plus, consultez la fiche :

Impacts_agri-environnementaux (PDF - 583,67 ko)

Résidus d’huilerie de palme. Déchets par le passé… ressource aujourd’hui ?

Quelles qu’en soient les raisons, économiques agronomiques et environnementales, les résidus d’huilerie de palme sont passés du statut de déchets à celui de coproduits dont les valorisations potentielles sont multiples. Une analyse technico-économique de l’ensemble agroindustriel est nécessaire pour déterminer les techniques de valorisation et de traitement les plus adaptées à chaque cas particulier.
Pour en savoir plus, consultez la fiche :

Residus_huilerie_de_palme (PDF - 643,85 ko)

La fertilisation du palmier à huile. Une gestion rigoureuse de la fertilité des sols

Le palmier à huile est la plante oléagineuse la plus productive au monde. Elle fournit couramment 6 tonnes d’huile à l’hectare, et parfois même plus de 8 tonnes. Malgré l’absence d’éléments minéraux dans l’huile produite, des quantités importantes de nutriments sont mobilisées par la plante pour sa croissance végétative et sa production. Cultivé sur des sols tropicaux généralement très altérés, le palmier à huile a besoin de quantités assez importantes d’engrais pour atteindre de bonnes productions. De ce fait les dépenses relatives à la fertilisation atteignent jusqu’à 60 à 65 % des coûts d’entretien d’une plantation.
Pour en savoir plus, consultez la fiche :

Fertilisation (PDF - 1,25 Mo)

Les insectes invasifs des palmiers. Des méthodes de lutte respectueuses de l’environnement

L’accroissement du volume des échanges d’un continent à l’autre accélère l’introduction d’insectes dont certains, une fois installés sans leur cortège d’ennemis naturels, provoquent des pullulations brutales et dommageables. Ainsi, la monoculture des palmiers – palmier à huile, cocotier, palmier dattier – induit de fortes pressions parasitaires. Satisfaire la demande immédiate du producteur face aux dégâts occasionnés par les ravageurs est une priorité. L’acquisition de connaissances sur ces ravageurs conduit à une approche intégrée de la protection de la plante.
Pour en savoir plus, consultez la fiche :

Insectes_invasifs (PDF - 894,74 ko)

7 votes. Moyenne 3.00 sur 5.

Commentaires (1)

1. KAGABO Claudine 20/11/2012

pour quoi certains chercheurs reprochent l'huile de palme de déclancheur de maladies cardio-vasculaires

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site