Graphiques et infos supplémentaires

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Avancée de la déforestation de 1950 à 2010

 

Total des importations mondiales d'huile de palme

Evolution des surfaces en palme dans le monde, source FAOSTAT

 

 

  

  

  

  

  

 

 

 

Evolution des rendements en fruit par hectare

Evolution des productions mondiales d'huile de palme

Evolution des prix des huiles de palme et de soja (CAF Rotterdam ou Nord Europe). Unités: US $ par tonne. Source Oil World

D'après le rapport INRA OCL VOL. 12 N° 2 MARS-AVRIL 2005, le graphique ci-dessus montre qu’au cours des années où la production de palme en Indonésie et Malaisie connaît une forte progression due à de bons rendements, le différentiel de prix entre palme et soja tend à augmenter. Ainsi, depuis 2003, la production d'huile de palme ne cesse de croître. 

 

Agriculture durable et positions des organisations internationales

 

Définition d’un modèle agricole durable

 

Le concept d’Agriculture et Développement Rural Durables (ADRD) a été reconnu au Sommet de la planète de Rio en 1992, avec le Chapitre 14 de l’Action 21 qui définit les programmes et actions spécifiques nécessaires pour promouvoir l’agriculture et le développement rural durables
Après Rio, les Nations Unies ont établi une Commission du Développement Durable (CDD) pour suivre l’avancement de l’application de l’Action 21. La FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) a été désignée comme maître d’œuvre pour le Chapitre 14. Le concept d’agriculture et développement rural durables y est défini par toute une série de critères qui comprend notamment :

 

  • la satisfaction des besoins nutritionnels de base des populations sur le plan qualitatif et quantitatif
  • l’accès à un emploi durable et un revenu décent pour les travailleurs agricoles
  • le maintien de la capacité de production de base sans perturber le fonctionnement écologique, ni détruire les caractéristiques socioculturelles des communautés rurales

 

La position de différentes organisations internationales

 

Les organisations internationales adhèrent généralement au concept d’agriculture et développement rural durables. Toutefois les politiques qu’elles préconisent apparaissent souvent en parfaite incohérence avec les principes qui le définissent.

 

FMI (Fonds Monétaire International) et Banque Mondiale

 

Ces institutions recommandent aux Etats d’accroître la productivité agricole. Concrètement, cela se traduit presque automatiquement par un recours systématique à des engrais et pesticides et par une préférence pour les cultures à haut rendement.

 

La Banque Mondiale incite également à accroitre les surfaces cultivées pour augmenter la production et engendrer des économies d’échelles.

 

Une autre recommandation est d’encourager les investissements privés dans l’agriculture et la mise en place de mesures susceptibles d’attirer des IDE (investissement directs étrangers). Ceci comprend la cession de terres cultivables à des firmes étrangères. (Voir encadré)

 

L’idée transversale à ces politiques est celle de l’effet de « ruissellement » (trickle-down), qui consiste à dire qu’il faut d’abord favoriser la croissance par tous les moyens disponibles (le meilleur étant l’ouverture des marchés pour améliorer la compétitivité et accroître les exportations) et qu’il en découlera une diffusion dans l’ensemble de la société.

 

Banque Mondiale et acquisitions de terres

 

L’OMC (Organisation Mondiale du Commerce)

 

Au niveau des négociations internationales, les accords du GATT (le prédécesseur de l’OMC) à Marrakech en 1994 précisent que l’objectif à long terme est d’établir un « système de commerce équitable et axé sur le marché », par « des réductions progressives substantielles du soutien et de la protection de l’agriculture ».

 

Les négociations de Doha, toujours en cours à l’OMC, s’appuient sur cette philosophie et confirment la même idée directrice: c’est par le libre marché que l’agriculture doit s’autoréguler et ainsi procurer un maximum de bien être aux producteurs comme aux consommateurs.

 

A ce propos, Pascal Lamy (directeur général de l’OMC) vantait, dans un discours prononcé en Indonésie (le 17 août 2007), « l’essor de la production d’huile de palme » comme « un exemple concret de lutte contre la pauvreté grâce au commerce » en rappelant les bienfaits de l’ouverture commerciale.

 

De nombreux travaux ont mis en évidence les effets néfastes que pouvaient engendrer la libéralisation. Des répercussions sur les revenus des agriculteurs et sur la situation des populations les plus vulnérables ont en effet pu être constatées à la suite des programmes imposés. (cf. Hugon 1989, Nassar 1993)

 

Union européenne et agrocarburants

 

Les agrocarburants sont des carburants produits à partir de matériaux organiques non fossiles. La Commission européenne a fixé comme objectif d’incorporer 10% d’agrocarburants dans les transports à l’horizon 2020 (2009 /28 CE).

 

La réalisation de ces objectifs sous-entend implicitement qu’il va falloir augmenter la production de biocarburants (biodiesel et bioéthanol). Le problème est que l’UE ne sera pas en mesure de produire une quantité suffisante. Elle devra donc importer de l’huile végétale. Selon toute vraisemblance, l’huile de palme, qui est la plus abondante et la moins chère sera importée.

 

La Commission précise tout de même que les carburants issus de cultures ayant provoqué la déforestation ne seront pas comptabilisés dans l’objectif des 10%. Mais cette précision reste très ambiguë car l’UE considère que les forêts et les plantations d’huile de palme sont « interchangeables », autrement dit qu’un hectare de plantation de palmier équivaut à un hectare de forêt tropicale (Le Monde, 17.02.2010).


 

 

 

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